Dans le cadre de sa stratégie de mobilisation des ressources internes, l’État du Sénégal cherche de l’argent par tous les moyens. Cette fois-ci, il a jeté son dévolu sur le marché financier. Il vient de lancer un emprunt obligataire par appel public à l’épargne pour un montant total de 150 milliards de FCfa.
Dans le document partagé par les services du ministère des Finances, il est d’ailleurs précisé que cette opération « offre aux particuliers et aux institutionnels une solution d’investissement sécurisée et rémunératrice ». Mais en quoi consiste l’appel public à l’épargne ? Qui épargne quoi et où ? Pourquoi souscrire ? Essayons d’abord de comprendre l’appel public à l’épargne ? D’après le document du trésor, les obligations d’État représentent un placement fiable, garanti par le Sénégal, avec des taux d’intérêt fixes et compétitifs allant de 6,40% à 6,95%, selon la durée choisie.
Les fonds collectés serviront à financer des projets d’investissement publics, contribuant ainsi au développement économique du pays. Mamadou Ngom, économiste, rappelle qu’il s’agit déjà d’un retour sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), parce que le Sénégal avait dernièrement fait plutôt recours aux eurobonds. Cette fois-ci, dit-il, l’État émet des obligations à la Brvm. Ce qui change, c’est que les investisseurs, c’est-à-dire ceux qui achètent ces titres, sont les potentiels prêteurs. Ces investisseurs peuvent être établis dans les 8 pays de l’Uemoa et les obligations sont rémunérées jusqu’à la fin de leur durée de vie par des intérêts appelés coupons. Pour acheter des titres, la personne physique ou morale doit passer par un courtier de bourse. Pour la Brvm, ils sont appelés Sociétés de gestion et intermédiation (Sgi).
Mais que gagne celui qui répond à l’appel public à l’épargne ? D’après notre économiste, le prêteur est rémunéré par des coupons. D’abord, il faut préciser qu’une obligation a une valeur de 10 000 francs. Si quelqu’un en achète 1 000, cela veut dire qu’il prête 10 millions de FCfa. Si la durée de vie de l’obligation est de 5 ans, chaque année tu reçois un intérêt sur le montant prêté. Si on prête par exemple 10 millions de FCfa, on reçoit chaque année pendant toute la durée de l’opération. D’après Mamadou Ngom, si le taux est de 7% par exemple, c’est 700 000 FCfa d’intérêt à recevoir pendant toute la durée de vie. Si la durée est de 5 ans, chaque année pendant 5 ans on reçoit 700 000 FCfa actualisés, sans compter les remboursements des 10 millions qui se font par tirage au sort, explique l’économiste. Il estime d’ailleurs que si les États font recours à l’appel public à l’épargne, c’est que les banques classiques ne sont pas forcément liquides. L’appel public apparaît comme l’outil le mieux indiqué. Et autre avantage non négligeable pour le souscripteur, c’est que pour cet emprunt obligataire de 150 milliards, les intérêts sont payés semestriellement. oumar.fedior@lesoleil.sn