L’Agence nationale de l’aquaculture (Ana) a tenu, le mardi 12 mai 2026, un atelier de validation de son Plan stratégique de développement (Psd-Aquaculture 2026-2030). Organisé en partenariat avec l’agence belge Enabel, cet évènement marque un tournant décisif pour un secteur désormais érigé en « impératif stratégique » face à la raréfaction des ressources halieutiques.
Le secteur de l’aquaculture au Sénégal est en pleine expansion. Dans le cadre du projet « Naatal Sine Saloum », l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana) et l’agence de coopération belge Enabel ont réuni, hier, mardi 12 mai 2026, les acteurs de la filière pour valider le nouveau cadre référentiel du secteur : le Plan stratégique de développement (Psd-Aquaculture 2026-2030).
L’objectif est de rompre avec les ambitions déconnectées des réalités pour bâtir une industrie solide et durable. Face à la surexploitation des stocks marins et à la dégradation des écosystèmes côtiers, la pêche de capture ne peut plus satisfaire la demande d’une population en pleine croissance. « L’aquaculture n’est plus une option, elle est un impératif stratégique », a martelé le directeur général de l’Ana Samba Ka.
Le passage à l’action est déjà chiffré. Après avoir atteint une production de 3.049 tonnes en 2025, l’Ana ambitionne de franchir le cap des 20.000 tonnes à l’horizon 2030. Pour réussir ce pari, le Psd-Aquaculture s’articule autour de quatre axes majeurs déclinés en 60 actions opérationnelles que sont la gouvernance ; c’est-à-dire améliorer le pilotage du secteur.
Le deuxième axe concerne les capacités techniques à former plus de 10.000 acteurs, sécuriser la production nationale d’alevins (52 millions d’unités par an) et développer une industrie locale d’aliments pour poissons afin de réduire les importations. Le troisième est relatif à la Valeur et aux emplois. Il s’agit de créer plus de 6.000 emplois directs et indirects, principalement en zone rurale. Enfin, le quatrième axe s’articule autour du financement qui demande à mobiliser un portefeuille de 36,51 milliards de FCfa, en faisant appel massivement à l’investissement privé.
Ces mesures, renseigne le Directeur général de l’Ana, vise à freiner la baisse de la consommation annuelle de poisson au Sénégal qui est passée de 29 kg par habitant en 2008 à moins de 16 kg depuis 2018. « Cette réalité signifie que nos concitoyens mangent moins de poisson alors que les prix augmentent », a-t-il déploré.
Présent à la rencontre, Mamadou Abibou Diagne, Secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Economie maritime, a rappelé que le développement de l’aquaculture est une priorité de l’État. Il a souligné que le Président de la République a réitéré, lors des conseils des ministres entre 2024 et 2025, la nécessité d’accélérer les aménagements et de faciliter l’accès au financement pour ce sous-secteur. Avec ce nouveau plan stratégique, le Sénégal espère, non seulement garantir sa sécurité alimentaire, mais aussi faire de l’aquaculture un véritable levier de croissance économique territoriale.
Samba DIAMANKA

