Sept ans. Il aura fallu sept ans pour que la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) retrouve son public. Ce jeudi, au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), le monde du livre s’est retrouvé pour lancer sa 18e édition.
La foire se tient jusqu’au 19 octobre. Une soixantaine d’exposants venus de plus de dix pays y participent, avec l’Égypte comme invitée d’honneur. Le thème : « Bibliothèque, transmission et souveraineté ». L’ambition affichée : faire de Dakar « le cœur palpitant du livre ».
Si la foire s’était tue pendant sept ans, c’est en grande partie à cause de la Covid-19. Son retour, la ministre en charge de la culture des industries créative et du patrimoine historique, Mame Coumba Diop, l’avait salué dès le 5 octobre, à l’occasion de la présentation de la programmation, comme « un signal fort pour la culture et l’éducation ». Née en 1985, la FILDAK a toujours poursuivi les mêmes objectifs : renforcer les réseaux de diffusion du livre, mettre en relation tous les maillons de la chaîne, créer une solidarité entre les professionnels, promouvoir le livre et le matériel didactique, faire rayonner la culture du Sénégal et de l’Afrique, et défendre la diversité culturelle.

À l’ouverture, présidée par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, le gouvernement a réaffirmé sa ligne. « Le gouvernement maintiendra le livre au cœur de sa politique culturelle », a promis le chef du gouvernement, en ajoutant que « la Bibliothèque nationale et la Maison des archives seront réalisées ». Il s’est aussi arrêté sur le thème de l’édition, qu’il voit comme une invitation à une « réflexion profonde » sur la place de la bibliothèque et de la lecture. À ses yeux, une bibliothèque n’est ni un simple bâtiment ni une collection d’ouvrages. Elle traduit la volonté collective de rassembler, d’organiser et de partager les savoirs, les mémoires et l’imaginaire qui fondent une civilisation.

Quant à l’Égypte, son choix comme invitée d’honneur n’a rien du hasard. « Mère d’édition de notre espace régional », elle est liée à l’Afrique subsaharienne, et au Sénégal en particulier, par « de profondes continuités culturelles », a rappelé le Premier ministre, évoquant une civilisation millénaire. Pour lui, ce choix traduit un rapprochement scientifique et culturel entre les deux peuples, une amitié ancienne, mais aussi une diplomatie solide. Du côté égyptien, le vice-ministre de la Culture, Oumar Sélim, a rappelé que son pays fut le premier pays africain aux côtés du Sénégal à l’aube de son indépendance. « Par le savoir, les peuples se rapprochent », a-t-il ajouté, citant l’Université Senghor comme témoignage de la solidarité entre les deux peuples.
Mamadou Laye DIÈYE


