Réussir les Jeux, c’est mobiliser toute une Nation pour construire l’avenir
Du 31 octobre au 13 novembre 2026, le Sénégal accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et deviendra le premier pays africain à organiser un événement olympique de cette envergure. Cette première historique dépasse largement le cadre d’une compétition sportive internationale : elle ouvre au pays des perspectives exceptionnelles de développement économique, social, sportif et institutionnel.
– Une cause commune, au-dessus des clivages
Conscient de l’enjeu, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a appelé à une mobilisation nationale à travers la campagne « DUNDAL JOJ ». Dakar 2026 doit devenir une cause commune, à l’écart des querelles politiciennes : la réussite des Jeux ne peut pas être l’affaire des seules institutions organisatrices. Elle doit être portée par l’ensemble des Sénégalais.
– Un puissant levier pour l’économie
Les JOJ peuvent, en toute objectivité, dynamiser l’économie sénégalaise. Le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, les transports, le commerce, l’artisanat, les services numériques et l’événementiel figurent parmi les secteurs susceptibles d’en profiter. Le défi est de permettre aux entreprises sénégalaises, en particulier aux PME et aux jeunes entrepreneurs, de tirer pleinement parti de ces opportunités.
Dans ses travaux sur les grands événements internationaux, Maurice Roche (2000) souligne leur capacité à accroître le rayonnement des villes et des nations, tout en favorisant des transformations économiques, sociales et culturelles. Dakar 2026 sera ainsi une vitrine internationale pour le Sénégal, son patrimoine, son potentiel touristique et sa tradition d’hospitalité, la Teranga.
Cette ambition fait écho aux propos du Chef de l’État qui, dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, présentait les JOJ comme « un symbole de confiance, de capacité et d’ouverture ». Les Jeux doivent permettre au Sénégal de démontrer son savoir-faire, de valoriser ses compétences et de renforcer son attractivité.
– La jeunesse, première bénéficiaire
La jeunesse sénégalaise doit être la première à profiter de cet événement historique. Les JOJ offrent des occasions de formation, de professionnalisation et d’acquisition de compétences dans les métiers du sport, de la communication, de la logistique, du tourisme, du numérique et de l’événementiel. Le volontariat olympique est, à cet égard, un espace privilégié d’apprentissage, de responsabilisation et d’engagement citoyen.
Le Président de la République l’avait rappelé en octobre 2025, lors de la présentation de la mascotte officielle, en défendant un événement porté par la jeunesse et organisé avec elle. Cette orientation mérite d’être prolongée par des dispositifs de reconnaissance des compétences acquises pendant les Jeux et d’accompagnement vers l’insertion professionnelle.
Les JOJ doivent également contribuer à moderniser les infrastructures sportives, à renforcer la formation des encadreurs et à faciliter l’accès des jeunes à la pratique sportive sur tout le territoire.
– Les clés de la réussite : gouvernance, coordination, mobilisation et performance
Les bénéfices attendus sont importants, mais leur concrétisation dépendra de la qualité de l’organisation et de l’engagement de toutes les parties prenantes. Cela suppose une coordination sans faille, que ne doivent perturber ni les luttes de pouvoir ni les intérêts personnels.
L’appel du Chef de l’État à faire des JOJ une cause commune doit se traduire par une mobilisation nationale structurée, alliant engagement citoyen et exigence de performance. Car le succès d’un grand événement sportif ne repose pas seulement sur les infrastructures et les moyens financiers : il tient d’abord à la qualité de la gouvernance, à la compétence des acteurs et à leur capacité d’agir collectivement.
Cette exigence appelle une gouvernance exemplaire, fondée sur la transparence, la responsabilité, la clarté des missions et la coordination des acteurs. Elle suppose aussi une planification rigoureuse, une gestion anticipée des risques, une communication efficace, la mobilisation des ressources humaines et une coopération permanente entre les institutions.
À quelques jours de l’ouverture, l’attention doit se porter sur la coordination opérationnelle, la sécurité, les transports, l’hébergement, l’accueil des délégations et la qualité des prestations. La compétence des responsables, la réactivité des équipes et la capacité à corriger rapidement les dysfonctionnements seront décisives.
Cette approche rejoint les travaux de Holger Preuss (2007), qui invitent à penser l’organisation des grands événements sportifs dans une perspective stratégique, au-delà de leur seule réalisation immédiate.
Pouvoirs publics, collectivités territoriales, institutions sportives, entreprises, universités, associations et citoyens doivent donc agir ensemble, dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée. Les Sénégalais ne doivent pas être de simples spectateurs des JOJ : ils doivent en être les acteurs, les ambassadeurs et les premiers bénéficiaires.
– L’héritage, véritable mesure du succès
La réussite de Dakar 2026 ne se mesurera pas seulement à la qualité des compétitions ou au retentissement médiatique de l’événement. Elle s’appréciera aussi aux transformations durables qu’il aura permis d’engager.
Holger Preuss (2007), spécialiste de l’économie des grands événements sportifs, rappelle que leur héritage peut être matériel ou immatériel, positif ou négatif, et qu’il dépasse largement la durée des compétitions. Il faut donc anticiper l’usage futur des infrastructures, la valorisation des compétences, les retombées pour les entreprises et la professionnalisation des organisations sportives.
Le Chef de l’État a lui-même insisté sur cette dimension en juillet 2026, en rappelant que la satisfaction ne devait pas se limiter à la réception des infrastructures, mais englober la réussite de l’ensemble des opérations, de l’ouverture à la clôture des Jeux.
Il serait pertinent de mettre en place un dispositif national de suivi et d’évaluation de l’héritage olympique, afin de mesurer les retombées économiques, sociales, sportives et institutionnelles de Dakar 2026.
– L’heure est à la mobilisation générale
À quelques jours de l’ouverture, le plaidoyer essentiel est simple : l’heure est à la mobilisation générale. Le Sénégal dispose de ressources humaines, culturelles et organisationnelles qu’il lui appartient de mobiliser pleinement pour relever ce défi historique.
Réussir Dakar 2026, ce n’est pas seulement organiser de belles compétitions. C’est investir dans notre jeunesse, valoriser nos compétences, dynamiser notre économie et renforcer le rayonnement du Sénégal. C’est aussi prouver que l’Afrique a les capacités d’accueillir et d’organiser de grands événements sportifs internationaux.
Dakar 2026 ne doit pas être seulement un événement que le Sénégal aura réussi : il doit devenir un héritage que les générations futures auront la fierté de recevoir.
« La grandeur d’une Nation ne se mesure pas seulement aux événements qu’elle organise, mais à l’héritage qu’elle transmet aux générations futures. Faisons de Dakar 2026 bien plus qu’une réussite sportive : une victoire collective, une fierté africaine et une promesse d’avenir pour notre jeunesse. »
Par Charles GUEYE
Chef du Département Management du Sport
UFR STAPS
Université Claude Bernard Lyon 1
Membre du Centre de recherche de la Fédération Française de Football
Expert international en management des organisations sportives


