Au terme de cinq jours d’échanges à Niaguis, dans le département de Ziguinchor. des réseaux africains engagés dans la promotion de l’agroécologie paysanne affichent leur volonté de renforcer leur coopération. Parmi les principales perspectives retenues figure l’organisation d’une foire africaine destinée à promouvoir les produits agroécologiques et à faire de cette pratique un levier de souveraineté alimentaire.
ZIGUINCHOR– Faire de l’agroécologie paysanne un mouvement continental plus fort et mieux organisé. C’est l’une des principales ambitions qui se dégagent de la conférence internationale organisée pendant cinq jours à Niaguis. Cette rencontre, qui a réuni des participants venus de 23 pays d’Afrique et d’Amérique, avec dix réseaux africains engagés dans les questions agroécologiques, ouvre de nouvelles perspectives de collaboration. Au cœur de celles-ci, un projet ambitieux : l’organisation d’une foire africaine autour de l’agroécologie.
À la clôture des travaux, Mamadou Danfakha, coordonnateur du mouvement panafricain « Nous sommes la solution » et chargé de programme à Fahamu Africa, une association panafricaine engagée dans la justice sociale, s’est réjoui de la qualité des échanges. Pour lui, cette première rencontre africaine doit surtout permettre aux différents réseaux de rapprocher leurs démarches et de construire une action commune.
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« Nous sommes satisfaits des réflexions menées durant ces cinq jours. L’enjeu est désormais de renforcer les liens entre les réseaux et de mieux coordonner leurs interventions en faveur de l’agroécologie paysanne », a-t-il expliqué. Parmi les perspectives annoncées, l’organisation d’une foire africaine occupe une place particulière.
L’initiative vise à créer un cadre de rencontre, d’exposition et de partage autour des productions agroécologiques. « Au lieu de travailler chacun de son côté, nous voulons nous retrouver régulièrement pour conduire des actions communes, plus fortes et plus mobilisatrices. Nous avons ainsi évoqué la possibilité d’organiser une foire africaine de l’agroécologie, une première à l’échelle du continent », a précisé Mamadou Danfakha.
Vulgariser davantage l’agroécologie
Au-delà de son caractère commercial, cette foire ambitionne de mieux faire connaître les produits issus de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et de sensibiliser les décideurs à leur potentiel.
« Une telle initiative permettra de vulgariser davantage l’agroécologie et de montrer aux pouvoirs publics qu’elle constitue une véritable réponse aux défis de la souveraineté alimentaire. Elle peut également réduire notre dépendance aux engrais chimiques et aux produits de synthèse », a-t-il souligné.
Des espaces d’exposition de produits biologiques, cultivés sans traitements chimiques, sont envisagés. Cette volonté de mutualiser les expériences est également saluée par Mamadou Goïta, directeur exécutif de l’Institut de recherches et de promotion des alternatives en développement, venu du Mali. Il voit dans cette rencontre la naissance d’un espace permanent de coopération et d’apprentissage collectif.
« Nous sommes heureux de voir émerger un cadre dynamique qui favorisera la convergence des idées, le partage des expériences et la collaboration. L’objectif est de permettre à chaque réseau de renforcer les initiatives engagées dans son pays et dans sa région », a-t-il indiqué. Avec le projet de foire africaine en perspective, les participants entendent donner une plus grande visibilité aux productions paysannes et faire de l’agroécologie une réponse concrète aux défis alimentaires du continent.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


