Avec la formation d’une cohorte de 30 jeunes (80% de femmes) ayant reçu leurs attestations ce samedi 10 octobre, Ziguinchor prépare ainsi une riposte durable contre le gaspillage alimentaire. Portée par le Programme alimentaire mondial (Pam) et ses partenaires, cette initiative inclusive entend transformer les pertes post-récoltes en opportunités d’emploi et renforcer la souveraineté alimentaire en Casamance.
ZIGUINCHOR- Dans le sud du pays, l’abondance des récoltes ne garantit pas toujours la disponibilité des produits agricoles tout au long de l’année. Faute d’infrastructures adaptées pour leur conservation et leur transformation, une partie de la production disparaît avant d’atteindre les consommateurs, tandis que certains produits deviennent rares pendant la période de soudure. Pour inverser cette tendance, 30 bénéficiaires viennent d’achever une formation destinée à préparer la mise en place d’une unité spécialisée dans la gestion et la valorisation des productions locales. Sélectionnés parmi plus de 400 candidats, ils ont suivi un programme intensif de 30 jours, du 9 septembre au 10 octobre, dans le cadre du projet « Salouma ». Cette initiative vise à préparer la future Unité de gestion des pertes post-récoltes (Ugpp), appelée à soutenir les acteurs agricoles tout en favorisant la création d’emplois.
Pour William Diatta, chef du bureau du PAM pour la zone sud, cette démarche marque une évolution dans l’accompagnement des communautés. « Au-delà de l’assistance alimentaire, nous voulons renforcer les capacités des populations afin qu’elles gagnent en autonomie et participent activement au développement de leurs localités », explique-t-il. Pour préparer cette nouvelle étape, l’ITD a privilégié une approche associant développement personnel et apprentissage professionnel. Son directeur, Mbagnick Faye, estime que la confiance en soi, le leadership et le sens des responsabilités sont indispensables à la réussite du projet. « Avant de transmettre les compétences techniques, nous avons travaillé sur le développement personnel, la confiance en soi et l’engagement, car il faut croire en ses capacités pour exploiter efficacement les outils disponibles », indique-t-il.
Une initiative placée sous le signe de l’inclusion
Entrepreneuriat, gestion financière et exercices pratiques etc., font partie des formations dispensées. Ce programme se distingue par sa dimension sociale : 80 % des participants sont des femmes et des personnes en situation de handicap figurent également parmi les bénéficiaires. Pour Claudine Géma Gomis, cette ouverture renforce la portée de l’initiative, dont les retombées pourront profiter à l’ensemble de la chaîne agricole. « Cette initiative ne concerne pas uniquement les personnes formées. Les producteurs, les commerçants, les transformateurs et les détaillants pourront également bénéficier des services proposés pour mieux conserver et valoriser leurs produits », explique-t-elle.
Responsable de la cohorte, Ibrahima Sorry Diallo souligne l’importance de cette démarche face aux pénuries saisonnières. « Après les périodes d’abondance, certains produits deviennent difficiles à trouver. La conservation et la transformation permettront de prolonger leur disponibilité et de réduire ces pénuries », affirme-t-il. La diversité des profils, notamment en comptabilité, commerce, transformation et gestion, devrait contribuer à la bonne marche des activités. Avec le soutien du PAM, de la Fondation Mastercard et de l’ITD, ce projet entend ainsi de la lutte contre les pertes post-récoltes un levier de développement économique.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


