La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a condamné Serigne Khadim Mbacké à une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Le maître coranique a été jugé, lundi, en audience spéciale.
DIOURBEL – Serigne Khadim Mbacké, maître coranique, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel. Les juges l’ont reconnu coupable des infractions de viol et de pédophilie sur 28 fillettes mineures. Les faits remontent à la date du 31 mai 2023.
Ce jour-là, la Binta Tall avait déposé une plainte à la brigade spéciale de gendarmerie de Touba. La dame avait saisi les gendarmes après que ses deux fillettes, qui fréquentent l’école coranique de Serigne Khadim Mbacké, ont accusé le jeune Mbacké-Mbacké de viols et d’attouchements sexuels. La plainte de Binta Tall avait éveillé la conscience des autres filles victimes des agissements de Serigne Khadim Mbacké avec huit autres saisines. Mais le maître coranique avait pris la fuite pendant deux mois avant d’être livré à la gendarmerie par ses proches.
Attrait devant la barre hier, monsieur Mbacké a nié les faits qui lui sont reprochés. L’accusé s’est défendu en soutenant qu’il est victime d’un complot de ses voisins dont il assurait l’enseignement coranique de leurs enfants.
A lire aussi : Touba : deux hommes arrêtés pour viol sur un enfant de 12 ans
« Si toutes ces gamines m’accusent aujourd’hui, c’est parce qu’il s’agit d’un abominable complot contre ma personne. Je suis certain que deux parmi les mères sont à l’origine de ce complot. Tout est parti de Binta Tall, une des mères dont j’ai refusé les avances. Le simple fait que toutes les versions de ces enfants se ressemblent traduit justement le complot », a-t-il dit devant les juges.
Mais ces dénégations n’ont pas convaincu le parquet. Le ministère public a sollicité une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Le procureur de la République fonde son argumentaire sur le fait que Serigne Khadim Mbacké profitait de l’absence de son épouse pour abuser sexuellement de toutes ces fillettes. Il a également insisté sur les certificats médicaux établis par plusieurs médecins attestant la perte d’hymen.
« Seules les fillettes ayant déclaré avoir subi des attouchements et frottements ont gardé intacts leurs hymens. Jamais ces fillettes n’ont varié une seule fois dans leurs déclarations. L’accusé nous sert un complot comme seul argument de défense. Sa cavale de deux mois est une preuve qu’il voulait se soustraire à la justice. Les faits reprochés à l’accusé sont suffisamment établis », a mentionné le magistrat du parquet.
Oumar Bayo BA (Correspondant)


