Á la 5e édition du « Sargal » national de la presse, le quotidien « Le Soleil » a encore été bien représenté. Cet hommage est pour confirmer son statut de creuset d’excellence, et pour célébrer des mentors qui ont maintenu l’astre de Hann éblouissant.
La Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) a, pour la 5e année successive, honoré les doyens méritants des médias à travers le « Sargal » national de la presse. C’est une cohorte de 26 professionnels des médias blanchis sous le harnais qui sont célébrés. Parmi eux, le Directeur des rédactions du « Soleil », Daouda Mané.
Assis à la première rangée, il a le visage aussi lumineux que son Bazin bleu clair et le sourire aussi grand que son parcours. Le journaliste sortant de la 30e promo du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), après plus de 20 ans de métier, est partagé entre fierté et sentiment d’accomplissement. « Je suis d’autant plus heureux que je suis honoré en même temps que mon mentor Amadou Fall, qui m’a reçu au Soleil et m’a mis le pied à l’étrier », dit celui qui est surnommé « le totem du Soleil » par son collègue Sidy Diop, conseiller éditorial du directeur général du Soleil.
Daouda Mané, depuis l’obtention de son diplôme de journalisme, n’a connu que « Le Soleil ». De stagiaire, puis reporter engagé, Daouda Mané va gravir tous les échelons de la rédaction : chef de service adjoint dès 2005, chef d’édition, rédacteur en chef, directeur de la rédaction, et enfin directeur des rédactions depuis 2021.
Daouda Mané force son monde au respect par le particulier dévouement au « Soleil », à la rigueur martiale qu’il applique à ses troupes et le travail bien fait qu’il élève en sacerdoce. Gagnant le sobriquet « Recteur des universités » pour sa maîtrise des sujets liés à l’éducation et l’enseignement supérieur, M. Mané se distingue comme passeur, ne prenant pas sa « mission de service public » comme un vain slogan.
Conscience professionnelle sans pareil
À côté de Daouda Mané, Falla Diallo Sy a été aussi « sargalisée ». Secrétaire du directeur général du « Soleil », Mme Sy est une lumière qui a été des différentes mutations et (més)aventures de la presse.
Elle intègre la presse en 2000, quand une nouvelle ère sonne avec l’avènement du 3e millénaire. Tout un symbole pour qui quittait le département d’Histoire/Ucad pour se former à l’informatique. Falla Sy, « la mémoire de la presse » proposera son intelligence aux rédactions, en débutant à Info 7 comme opératrice de saisie. Les reporters ne maîtrisaient pas encore l’ordi. C’est elle qui saisissait les « biftecks », avant de recevoir maintenant les reporters avec leurs complaintes et volontés.
Toujours avec le sourire, l’élan maternel et une conscience professionnelle sans pareil. « Le Soleil » a vu aussi trois de ses anciennes plumes consacrées. Amadou Fall qui est passé journaliste après un doctorat en histoire économique à Paris a intégré « Le Soleil » en 1982 et en sera plus tard le directeur des rédactions. L’auteur du mémorable édito « Le Soleil, dernier-né d’Egypte » (2000), qui répondait à la volonté de Abdoulaye Wade d’éliminer le quotidien, a dit nourrir bon espoir au lendemain du journalisme avec des jeunes reporters soucieux d’excellence.
Mody Diop, ancienne plume remarquée et agréable du service « Faits divers » dans les années 1980, a reçu son trophée avec une grande émotion. Comme tous les autres, il a dit considéré que c’est « un suprême honneur d’être reconnu par ses pairs, mais plus encore quand ça vient de la jeune génération ». La même émotion a étreint Modou Mamoune Faye, de la 16e promo du Cesti, qui a capitalisé 35 ans au « Soleil » avant sa retraite en avril 2024.
L’ancien directeur de la rédaction du quotidien national est surtout une figure emblématique de la Culture. Il fut président de la presse culturelle nationale et de la Fédération africaine des critiques de cinéma (Facc). Parmi les « sargalisés » cette année, le jeune retraité a d’ailleurs deux compères du journalisme culturel : l’excellent Alassane Seck Gueye du journal « Le Témoin », et Alioune Diop de Radio Sénégal international (Rsi).
Pour le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal, le choix de tous ses profils fait de ce rendez-vous non une simple cérémonie, mais un véritable acte de reconnaissance et de réflexion collective.
« La mémoire compte. Le journalisme ne se résume pas aux plateaux Tv et aux tendances sur les réseaux sociaux. Avant nous, d’autres ont ouvert la voie, souvent dans des conditions difficiles, parfois dans l’ombre, mais toujours avec conviction. Cette édition naît de cette volonté de dire merci », a expliqué le journaliste Mamadou Diagne.
Mamadou Oumar KAMARA

