Dans « Don de soi à la communauté », Sokhna Diarra Bousso Guèye retrace son parcours de volontaire au Sénégal et au Malawi. À travers ce récit autobiographique, l’ancienne volontaire de CorpsAfrica défend une conception du développement fondée sur l’écoute, l’engagement citoyen et la co-construction avec les communautés.
Écrire pour ne pas oublier, mais aussi pour transmettre. C’est la démarche qui a guidé Sokhna Diarra Bousso Guèye dans la rédaction de « Don de soi à la communauté ». L’ouvrage, inspiré de ses expériences de volontaire au sein de CorpsAfrica/Sénégal, plonge le lecteur dans le quotidien d’une jeune agente de développement confrontée aux réalités du terrain, entre son pays et le Malawi.
L’idée du livre remonte à 2022. « Dès le début de notre aventure avec CorpsAfrica/Sénégal, notre regretté directeur pays, Mamadou Sarr, nous exhortait à partager notre quotidien en tant que volontaires », se souvient-elle.
Chaque soir, elle consignait alors les moments marquants de sa journée. Ces notes deviendront la matière première de son livre.
Le véritable déclic survient cependant lors de sa mission au Malawi. Confrontée à des faits de corruption au sein d’une équipe de projet communautaire, Sokhna Diarra trouve dans l’écriture un refuge. « L’écriture a véritablement été un moyen de me libérer et d’apaiser mes maux par des mots », confie-t-elle.
Au fil des pages, l’auteure défend une vision exigeante du volontariat. Pour elle, le don de soi ne relève ni de la charité ni du sacrifice. « Le don de soi est une responsabilité, un devoir et non une aide », affirme-t-elle. Une conviction qu’elle illustre par des gestes simples du quotidien : respecter les espaces publics, rendre service ou simplement offrir un sourire.
Son expérience l’a également amenée à repenser le développement communautaire. Selon Sokhna Diarra Bousso Guèye, les solutions durables ne peuvent être imposées de l’extérieur ; elles doivent être construites avec les populations concernées.
Parcours de toute une vie
« L’appropriation de la communauté est sans doute la clé du développement », estime-t-elle, plaidant pour une démarche fondée sur l’écoute et la conception centrée sur l’humain.
Diplômée de l’École supérieure d’économie appliquée (Esea, ex-Enea), Sokhna Diarra considère que son passage de l’ingénierie au développement communautaire s’est imposé naturellement. « Le secret de réussite était la passion et la persévérance », résume-t-elle.
L’ouvrage revient également sur plusieurs épisodes personnels qui ont marqué son engagement. L’auteure évoque notamment une maladie contractée à Barkéwel, dans le département de Nioro ; ce qui lui a permis de mieux comprendre les difficultés vécues par les communautés. Son séjour à Thiago lui a aussi réservé une belle surprise : la découverte de membres de sa famille maternelle qu’elle n’avait jamais rencontrés.
À travers ce témoignage, Sokhna Diarra Bousso Guèye s’adresse autant aux jeunes qu’aux décideurs publics. Elle estime que les enseignements du volontariat devraient inspirer les politiques de développement et encourager les jeunes à suivre leur propre voie plutôt que de reproduire le parcours des autres.
Le livre se veut, enfin, un appel à l’action. « Je ne vous partage pas une histoire aussi intime pour que vous refermiez le livre avec un simple sourire. Agissez dès maintenant », lance-t-elle.
Présenté comme le premier volet d’un récit en deux tomes, « Don de soi à la communauté » sera suivi d’un second ouvrage consacré à son expérience au Malawi. L’auteure annonce également d’autres projets d’écriture autour du mariage, de l’enfance et des relations entre parents et enfants.
Arame NDIAYE

