Du 24 au 27 juillet 2026, les halls de l’Hôtel de Ville de Dakar se sont mués en un sanctuaire artistique, à l’occasion de la 5ᵉ édition de The Return. Organisée en partenariat avec la Ville de Dakar et ScenAfrik, cette manifestation a tissé un lien entre artistes, membres de la diaspora et autorités municipales autour d’une conviction partagée : l’art, comme langage universel, peut panser les blessures de l’histoire et restaurer les ponts entre l’Afrique et ses enfants dispersés aux quatre vents.
Sous la houlette de Coach Rama Ata Gaye, le thème « Retour à la lumière » a pris vie à travers la plume et les pinceaux d’Abdourahmane Ba, alias Akeba, désigné artiste de l’année par ScenAfrik. Avec une œuvre façonnée depuis plus de vingt-cinq ans, il puise dans les peintures rupestres pour dialoguer entre l’aube des civilisations et l’effervescence du graffiti contemporain.
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Mêlant acrylique, cire et matières brutes, ses toiles réactivent les marques laissées par nos ancêtres sur les parois des cavernes, qu’il considère comme une écriture originelle, transversale aux temps et aux géographies. Une « rencontre improbable », selon ses mots, entre l’homme des origines et le créateur des cités modernes.
La cérémonie a réuni une assemblée de prestige : Maouloud Diakhate (Ville de Dakar), Dr Seck, l’ensemble du cabinet municipal, l’ASPT, le ministère du Tourisme, M. Diatta (représentant du conservateur de la Maison des Esclaves), le FODEM, et bien d’autres. L’événement a aussi attiré des personnalités de renom, tels Jerome Williams, ancien basketteur NBA issu de la diaspora afro-américaine, et Richard Thompson, CEO de The Bizio.
L’art comme outil de réparation mémorielle
Au-delà de leur puissance esthétique, les œuvres exposées portaient un message d’universalité, d’amour et de rassemblement. Pour la Ville de Dakar, représentée par Maouloud Diakhate, cette exposition s’inscrit dans une dynamique mémorielle essentielle. Il a souligné que The Return agit comme un « travail de reconstruction de la mémoire collective », une forme de pansement psychologique inscrit dans le programme Vent Émotionnel.
Ce processus de guérison (healing process) passe notamment par la fermeture symbolique de la porte du non-retour, afin de restaurer la dignité des Afro-descendants et de préparer Dakar aux grands rendez-vous internationaux à venir. Diakhate a réaffirmé l’engagement de la municipalité à soutenir les artistes et les projets culturels qui font rayonner la capitale.
Invité d’honneur de cette édition, Jerome Williams a partagé son émotion après son périple de Dakar à Gorée, en passant par Touba. Il a témoigné de l’accueil vibrant reçu et de l’apaisement profond qu’il a ressenti en foulant la terre de ses ancêtres.
Pour lui, le Sénégal offre un havre où la paix intérieure se reconquiert par la connaissance de ses racines. Il a lancé un appel vibrant à la diaspora : venir vivre cette expérience de reconnexion avec le continent, source de renaissance et de fierté retrouvée.


