Santé du peuple, avenir de l’Afrique est un ouvrage consacré au système de santé sénégalais. La cérémonie de présentation de cette nouvelle parution, signée par la docteure Yaye Kany Touré Kairé, s’est tenue le samedi 21 février 2026 à la salle Amady Aly Dieng de L’Harmattan Sénégal.
« La qualité des soins souffre à la fois d’un manque de rigueur organisationnelle, d’une fragilité humaine, d’une carence technique et d’une gouvernance hésitante », a déclaré la docteure Yaye Kany Touré Kairé lors de la présentation de son livre intitulé Santé du peuple, avenir de l’Afrique : le système de santé sénégalais en question.
À l’occasion de cette cérémonie, présidée par Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’auteure a pointé du doigt les défaillances structurelles du système de santé sénégalais. Selon elle, « beaucoup d’hôpitaux au Sénégal sont des boîtes à bijoux vides, car les véritables bijoux d’un hôpital, à savoir les médecins et le matériel, n’y sont pas réellement présents ».
L’ouvrage met en lumière des réalités connues de tous, mais que « les statistiques ne révèlent jamais », explique l’auteure. Parmi celles-ci figurent « la fatigue des soignants, les silences administratifs et la solitude face à la maladie ».
La docteure Yaye Kany Touré Kairé souligne également que « la santé est un bien commun, et qu’un bien commun ne se protège pas seulement par des réformes institutionnelles, mais par une culture partagée de responsabilités, de respect et de solidarité ».
Ainsi, le problème du système de santé sénégalais, rappelle-t-elle, n’est pas l’absence de femmes et d’hommes engagés, mais l’absence d’un système à la hauteur de leur engagement. « Le Sénégal fait des progrès, et il serait injuste de ne pas les reconnaître. Mais il faut avoir le courage de dire que notre système de santé est fragmenté, inégalitaire et vulnérable », affirme-t-elle.
Face à ce constat, « une réforme est une obligation morale, une responsabilité politique et un choix de société », soutient l’auteure, qui invite à interroger les pratiques, les comportements et le rapport collectif à la santé.
Pour sa part, le ministre Ibrahima Sy a insisté sur la responsabilité individuelle. La santé est, selon lui, un investissement stratégique : « Aller à l’hôpital et se faire soigner est encore perçu par beaucoup comme une dépense, alors qu’il s’agit d’un investissement qui renforce le capital humain et l’économie ». Il ajoute : « Je retiens de cet ouvrage que la santé d’un peuple ne se mesure pas seulement à ses structures de soins, mais à sa capacité à protéger les plus vulnérables et à anticiper l’avenir ».
Selon le professeur Abdoul Kane, la qualité de l’ouvrage s’explique par le parcours et l’expérience de l’auteure, qui « conjugue une connaissance intime du terrain et un réel recul analytique ».
La docteure Yaye Kany Touré Kairé appelle enfin à une réflexion nationale sur l’organisation des soins. « Chaque décès évitable est une défaite collective. Chaque négligence, indifférence ou manquement à l’éthique fragilise la confiance des populations et l’ensemble du système de santé », conclut-elle.
Fatou NDIAYE


