En plus des belles prestations culturelles qui ont plongé les centaines de festivaliers dans un passé lointain, Vélingara a été une vitrine pour exposer les potentialités économiques de la zone. « La culture est avant tout un vecteur de développement. Elle doit servir de vitrine pour assurer un marketing territorial et renforcer notre économie. Ces initiatives doivent être inscrites dans le calendrier de la commune pour permettre aux talents locaux d’être en contact avec le monde extérieur », a insisté le maire de Nguéniène, Alpha Samb, invité d’honneur du festival.
L’événement a aussi permis de découvrir les richesses de la terre, à travers une exposition qui a témoigné d’une belle moisson. Ainsi, des produits cultivés par les populations locales ont été exposés devant les invités. Riz, mil, arachide, maïs, bissap, niébé, le moringua ou encore le pain de singe ont été copieusement transformés pour constituer un menu spécial marquant le retour à la gastronomie seereer. Ces produits naturels jouent un rôle essentiel dans la gastronomie du peuple seereer qui entretient des rapports particuliers avec la terre. Dans la culture seereer, l’homme vit principalement de la terre. Et c’est tout un savoir-faire qui est transmis entre générations pour la conservation et l’entretien des terres nourricières. « Nous sommes un peuple de cultivateurs. Chez nous, la souveraineté alimentaire est une réalité. Si les autorités nous dotent de moyens roulants comme les tracteurs, nous pourrons atteindre des rendements records. Au-delà de la souveraineté, la consommation des produits participe à l’amélioration de la qualité de la santé », a fait savoir Sophie Dieng, responsable de l’exposition. En effet, tous ces produits ont été transformés pour être servis dans un menu spécial qui a permis aux plus jeunes de découvrir certaines spécialités culinaires comme le Ngourbane qui sont très peu connus de la nouvelle génération. À côté de l’art culinaire, le festival a aussi été au service de la mode. Comme par instinct, la majeure partie des personnes sur place sont venues en pagne tissé. Loin d’être une simple texture, le pagne tissé est un élément symbolique qui accompagne la vie du Seereer. De la naissance à la mort en passant par le « Ndut » ou le mariage, le Seereer se sert toujours de ce tissu pour marquer les événements de la vie. Aujourd’hui, les jeunes ont développé un goût pour ce pagne qui est devenu un effet de mode. « Le traditionnel est une marque de chez nous. C’est le seul élément qui accompagne la personne du berceau à la tombe. Et nous avons mis en avant cet élément pour permettre aux artisans locaux de travailler avec les outils qui sont disponibles sur place.
La culture, c’est aussi un facteur de développement économique », a rappelé le président du Réseau des élèves et étudiants de Vélingara (Reev) Adama Ndiaye.
Diégane DIOUF


