Il y a dix ans, dans la nuit du 6 au 7 septembre 2016, le Sénégal perdait Bara Diouf, figure emblématique de la presse nationale. Décédé à l’âge de 89 ans, le journaliste aura marqué l’histoire des médias par son passage à l’Agence de presse sénégalaise (APS) et au quotidien Le Soleil, mais aussi par son rôle dans la formation de plusieurs générations de journalistes.
Le 6 septembre reste une date de souvenir pour la presse nationale. Il y a dix ans, Bara Diouf disparaissait, laissant derrière lui une longue et riche carrière consacrée au journalisme, à la transmission et à la vie publique.
La disparition de cette grande figure de la presse est intervenue dans la nuit du 6 au 7 septembre 2016, à Dakar. Cette précision explique que certaines sources retiennent le 6 septembre tandis que d’autres mentionnent le 7. Pour la mémoire collective, le 6 septembre demeure ainsi la date associée à l’hommage rendu au journaliste.
Après des études à Paris, Bara Diouf avait commencé sa carrière au quotidien français Le Monde. De retour au Sénégal, il devient, en 1961, le premier Sénégalais à diriger l’Agence de presse sénégalaise, créée le 2 avril 1959. Il restera à la tête de l’APS jusqu’en 1964.
En 1970, son parcours prend une nouvelle dimension avec la création du quotidien national Le Soleil, appelé à succéder au Dakar-Matin. Bara Diouf en devient le rédacteur en chef dès la naissance du journal, avant d’en assurer la direction de 1974 à 1988.
Pionnier, grande plume et homme de transmission, il aura profondément marqué le journalisme sénégalais. À travers ses responsabilités et son expérience, il a contribué à former et à inspirer plusieurs générations de professionnels des médias.
Une figure de la presse et de la vie politique
L’histoire de Bara Diouf ne se limite toutefois pas au journalisme. Son parcours est également marqué par un engagement politique. Membre du Bureau politique de l’Union progressiste sénégalaise (UPS), puis du Parti socialiste, il poursuit cet engagement après son départ du Soleil, notamment comme député du Parti socialiste.
Cette double trajectoire doit être replacée dans le contexte politique et médiatique du Sénégal de l’époque. À la création du Soleil, les liens entre le quotidien national et le parti au pouvoir étaient particulièrement étroits.
Lors du congrès de l’UPS de 1969, Thierno Diop, alors secrétaire à la presse du parti, avait notamment exposé la conception que l’UPS se faisait du futur quotidien national. Le journal devait être lié au parti et son rédacteur en chef appelé à siéger au Bureau politique. La presse nationale était alors pensée comme un instrument d’animation, de vulgarisation, d’explication et de coordination, mais également comme un relais de la politique officielle.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la double stature de Bara Diouf : celle d’un professionnel reconnu de la presse et celle d’un acteur engagé de la vie politique sénégalaise.
Dix ans après, une mémoire toujours vivante
Dix ans après sa disparition, le souvenir de Bara Diouf reste présent dans le monde de la presse. Ceux qui l’ont connu évoquent un journaliste exigeant, une grande plume et surtout un homme attaché à la transmission.
Ce 6 septembre 2026, dix ans après sa disparition, Bara Diouf demeure ainsi une figure incontournable de l’histoire de la presse sénégalaise. Son nom reste associé à l’APS, au Soleil et à ces générations de journalistes auxquelles il a transmis une partie de son savoir et de son expérience.
A.N


