Suite à une grève générale annoncée par des organisations syndicales les 20, 21 et 22 octobre, le gouvernement invite à la concertation tout en mettant en avant des engagements déjà réalisés.
Au cours d’une conférence de presse, tenue le 19 octobre, plusieurs ministres de la Républiques ont réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les concertations avec les partenaires sociaux. Ils ont présenté le bilan des exécutions, détaillé des mesures budgétaires engagées.
Réuni lundi au Building administratif Président Mamadou-Dia, le gouvernement appelle à désamorcer la menace d’une grève générale. Différents ministres qui ont pris la parole ont privilégié une pédagogie articulée autour des leviers suivants : rendre compte des engagements tenus, annoncer des mesures et maintenir ouvertes les voies de dialogue.
Au cœur de cette démarche, le Pacte national de stabilité sociale. Sur les 84 activités programmées, 35 ont été entièrement réalisées et 25 sont en cours, selon le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté. Dans l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy souligne l’exécution de 99 % du protocole d’accord signé en avril 2026. Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr fait de son côté, état d’un taux d’exécution proche de 90 % de l’accord conclu avec les travailleurs, malgré la persistance du différend sur le reclassement des agents.
À ces bilans s’ajoutent les annonces budgétaires destinées à soulager les entreprises, avec 490 milliards de FCFA d’arriérés réglés en 2025 et une enveloppe de 300 milliards prévue en 2026, selon le ministre auprès du ministre de l’Economie, des finances et du Plan, chargé du Budget, Bassirou Sarr.
Dans les transports, les autorités assurent qu’aucun mot d’ordre de grève n’a été lancé, tandis que le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf appelle les syndicats de la SENELEC à privilégier la concertation sur la question des primes liées aux résultats.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, a précisé concernant l’indemnité de logement, estimée à 8 milliards de FCFA, le gouvernement évalue les capacités de financement des structures concernées avant d’envisager, si nécessaire, un complément du ministère des Finances. Un paiement progressif reste envisageable. Pour la régularisation du cadre juridique des Instituts Supérieurs d’Enseignement Professional (ISEP), les quatre décrets d’application de la loi d’orientation de janvier 2024 sont en cours de finalisation, après intégration des observations des services de l’État.
Le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a annoncé la finalisation, sous peu, du recrutement de 2 500 agents, ainsi que l’intégration de 1 111 agents issus de programmes sanitaires et le recrutement de 270 sages-femmes. Le reclassement de 878 techniciens supérieurs de santé a également été engagé.
Concernant l’indemnité de logement, estimée à 8,8 milliards de FCFA pour 7 365 agents, une prise en charge progressive est à l’étude au niveau du Budget. Fort de près de 90 rencontres avec les syndicats en deux ans, le ministre appelle à la poursuite des négociations, à la levée du mot d’ordre de grève et au maintien des soins d’urgence.
L’objectif est de privilégier une approche préventive. La proposition du Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, d’observer un moratoire de trois mois sur les mouvements de grève traduit cette volonté affichée du gouvernement de donner du temps à la concrétisation.
Une grève qui pourrait affecter plusieurs secteurs
Une grève de trois jours (21, 22 et 23 octobre) pourrait, si elle se concrétise, perturber les enseignements, ralentir le fonctionnement de l’administration et de la justice, affecter certaines activités économiques et fragiliser les revenus des travailleurs concernés. Dans les secteurs stratégiques, notamment l’énergie, et les services publics, les perturbations pourraient également se répercuter sur les entreprises et les usagers.
Les principaux acteurs syndicaux à l’origine des mouvements de grève annoncés sont le Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT) et le G7, l’intersyndicale regroupant sept syndicats représentatifs de l’enseignement. Des syndicats du secteur de la santé et de l’énergie sont également mentionnés parmi les organisations ayant annoncé des mots d’ordre de grève.
En définitive, la conférence de presse du gouvernement aura permis d’exposer des arguments et de réaffirmer la disponibilité des autorités à trouver des solutions. Reste à transformer cet appel à la responsabilité en compromis concret.
O.BA


