Dans le paysage des études consacrées à l’islam ouest-africain, le Dr Cheikh El Hadji Abdoulaye Niang s’est distingué par des travaux importants consacrés à la Fayda Tijaniyya Ibrahimiyya. Anthropologue au Laboratoire d’Anthropologie Culturelle de l’IFAN-Cheikh Anta Diop, il apporte un regard universitaire sur un mouvement spirituel dont l’influence dépasse largement les frontières du Sénégal.
Docteur en sociologie et anthropologie de l’Université Toulouse II Jean Jaurès, le Dr Niang a consacré ses recherches aux dynamiques religieuses et sociales. Sa formation en anthropologie sociale, conjuguée à son ancrage sénégalais, a contribué à façonner une approche qui met en relation les mobilités, les dynamiques religieuses et la transnationalisation de l’islam en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette perspective que la Fayda Tijaniyya Ibrahimiyya occupe une place centrale dans son parcours scientifique.
En 2021, il publie aux éditions L’Harmattan Renouveau islamique et mobilité transnationale en Afrique subsaharienne : la Fayda Tijaniyya Ibrahimiyya. L’ouvrage constitue une contribution importante à l’étude universitaire de la Fayda Tijaniyya Ibrahimiyya. À travers ce travail, le chercheur analyse notamment les transformations de la Fayda après la disparition de son fondateur, Cheikh Ibrahima Niasse. Il s’intéresse aux mobilités des disciples, aux réseaux religieux et aux mécanismes de transmission qui ont accompagné le développement du mouvement au-delà de son ancrage originel.
Son travail repose notamment sur une ethnographie multisituée menée au Sénégal, en Mauritanie, au Niger et au Nigeria. Cette démarche lui permet d’observer la Fayda à travers différents espaces et de mieux comprendre les dynamiques qui accompagnent sa diffusion. La même année, il publie dans la revue Religions un article intitulé « Globalization and Missionary Ambition in West African Islam. The Fayda after Sheikh Ibrahim Niasse », consacré à la globalisation du mouvement et à ses ambitions missionnaires. Ses recherches s’inscrivent ainsi dans les débats universitaires consacrés à l’évolution de l’islam africain et aux transformations contemporaines des confréries soufies.
L’intérêt du Dr Niang pour la dimension transnationale de la Fayda l’a également conduit à participer à plusieurs rencontres scientifiques internationales. En 2019, il intervient notamment à la Harvard Divinity School dans le cadre du colloque « Africa, Globalization and the Muslim Worlds », avec une communication consacrée à la mondialisation de la Tijaniyya et à la Fayda après Cheikh Ibrahima Niasse.
Deux ans plus tard, en 2021, il y présente également une communication intitulée « The metamorphosis of leadership in the Fayḍa of Sheikh Ibrahim Niasse », consacrée aux transformations du leadership au sein de la Fayda. Ces interventions témoignent de l’inscription de ses recherches dans les débats scientifiques internationaux sur l’islam africain, la circulation des savoirs religieux et les transformations des autorités spirituelles.
Au service de la Fayda
Le chercheur poursuit son travail à travers plusieurs publications consacrées à la Fayda et, plus largement, aux dynamiques religieuses en Afrique de l’Ouest. Parmi ses travaux figure notamment « Mobilités et soufisme confrérique en Afrique de l’Ouest : la Fayda Tidjaniyya et les renouvellements de perspectives historiques », publié dans Migrations et Société. Il s’est également intéressé aux dimensions sociales et mémorielles de la communauté fayda à travers « Les Talibés de Baye Niasse et la COMAS : un narratif autour d’une coopérative paysanne », publié dans la revue AKIRI en 2025. En 2024, il contribue par ailleurs au Bulletin de l’IFAN avec « L’islam au prisme des travaux de l’UCAD : une analyse à partir de la BIBNUM ».
Le parcours du Dr Cheikh El Hadji Abdoulaye Niang ne se limite pas à ses publications. Il participe également à plusieurs réseaux et espaces de réflexion scientifique. Il siège notamment au comité de lecture du Bulletin de l’IFAN et au conseil scientifique du CERDIS, le Centre de recherche et de documentation sur les intellectuels et savoirs. Il est également membre du consortium RECOS, consacré à l’étude des dynamiques religieuses face à la Covid-19 au Sénégal. Parallèlement, ses recherches portent sur d’autres problématiques sociales contemporaines, notamment les résurgences de l’émigration irrégulière entre le Sénégal et l’Europe.
Dans un dossier consacré aux « intellectuels de la Fayda Tijaniyya », le parcours du Dr Cheikh El Hadji Abdoulaye Niang présente une particularité majeure : il offre une lecture scientifique et anthropologique d’un mouvement dont la portée spirituelle et religieuse dépasse largement son territoire d’origine. Son travail contribue à documenter la Fayda sous un autre angle : celui de ses transformations historiques, de ses mobilités, de ses réseaux, de ses pratiques sociales et de son implantation internationale. En étudiant la Fayda au-delà de ses frontières géographiques et en s’intéressant à son évolution après Cheikh Ibrahima Niasse, le chercheur participe à une meilleure compréhension de l’une des expressions contemporaines majeures de la Tijaniyya.
Entre recherche de terrain, production scientifique et ouverture internationale, le Dr Cheikh El Hadji Abdoulaye Niang apporte ainsi une contribution importante à la connaissance de la Fayda Tijaniyya et, plus largement, à l’étude de l’islam africain contemporain.
Papa Abdoulaye SY


