Premier bassin de production d’anacarde du Sénégal, la Casamance entend désormais tirer davantage profit de cette culture en développant la transformation locale. Réunis depuis ce jeudi 2 juillet 2026 à Ziguinchor à l’occasion de la première édition des 72 heures du Cadre régional des organisations de la filière anacarde de Ziguinchor (Crofaz), producteurs, transformateurs, investisseurs et partenaires ont plaidé pour une filière mieux organisée, davantage industrialisée et capable de générer plus de valeur ajoutée et d’emplois.
ZIGUINCHOR- Si la production de noix de cajou progresse régulièrement, l’essentiel des récoltes est encore exporté à l’état brut, privant le pays d’importantes retombées économiques. Les acteurs estiment que le développement d’unités de transformation, l’amélioration de la logistique et un meilleur accès aux financements constituent les principaux leviers pour faire de l’anacarde un véritable moteur de développement territorial.
Présidant la cérémonie d’ouverture de la première édition des 72 heures du Cadre régional des organisations de la filière anacarde de Ziguinchor (Crofaz), hier, jeudi 2 juillet, le préfet de Ziguinchor, Latyr Ndiaye, a rappelé que la filière occupe une place stratégique dans la politique de transformation économique du pays. « Cette filière constitue un pilier de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Pour libérer tout son potentiel, il est indispensable de fédérer les énergies autour d’une meilleure organisation, d’une transformation industrielle renforcée et d’une création de valeur qui profite pleinement aux producteurs, aux investisseurs et à l’économie nationale », a-t-il déclaré.
Le président de l’Interprofession cajou du Sénégal (Icas), Boubacar Konta, a, lui aussi, insisté sur la nécessité d’un changement de paradigme. « La priorité est désormais de mieux organiser les acteurs, de développer la transformation locale, de faciliter l’accès aux financements, de moderniser les infrastructures et de positionner durablement les produits sénégalais sur de nouveaux marchés. L’Icas est prête à accompagner cette dynamique aux côtés de l’État et des partenaires », a-t-il assuré.
Même diagnostic chez le président du Crofaz, Demba Diémé, qui considère ces assises comme le point de départ d’une nouvelle dynamique pour la filière. Il a toutefois rappelé les nombreux défis qui freinent encore son essor : faible capacité de transformation, difficultés de financement, déficit d’infrastructures, volatilité des prix, vieillissement des vergers, effets du changement climatique, exigences de certification et difficultés de commercialisation.
Représentant le parrain de la rencontre, Serigne Mboup, Aliou Ndiaye a réaffirmé l’engagement de l’Union nationale des chambres de commerce à accompagner la professionnalisation de la filière à travers la transformation industrielle, le renforcement des compétences, la formalisation des entreprises, l’amélioration de la logistique et la conquête de nouveaux marchés.
Au-delà des échanges techniques, ces trois journées traduisent la volonté des acteurs de faire de l’anacarde un véritable levier d’industrialisation en Casamance. En augmentant la part de la transformation locale, la filière pourrait créer davantage d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, accroître les revenus des producteurs et renforcer la contribution de cette spéculation à l’économie nationale.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

