Il y a des décisions qui changent une carrière, parfois une vie. En choisissant de quitter l’École nationale d’administration (Ena), où elle avait pourtant réussi le concours, pour enfiler l’uniforme de la Police nationale, Adja Coumba Ndiaye a suivi une conviction profonde plutôt qu’un chemin tout tracé. Près de dix ans plus tard, cette intuition se transforme en consécration: la commissaire sénégalaise est sortie major de la 77ᵉ promotion des cadres de police étrangers de l’École nationale supérieure de la police (Ensp) de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, en France, où quatorze nationalités étaient représentées.

Cette distinction vient couronner un itinéraire professionnel déjà solide. Entrée dans la Police nationale en 2017 avec la 44ᵉ promotion des commissaires de police, Adja Coumba Ndiaye débute comme adjointe au commissariat de Grand-Yoff, où elle exerce durant trois ans. Elle rejoint ensuite le commissariat des Parcelles Assainies avant de prendre le commandement du commissariat de Malika pendant deux années, confirmant progressivement ses qualités de management et de proximité.
Quand elle quitte l’Ena pour suivre sa vocation !

« C’était plus fort que moi », raconte-t-elle. Inspirée par sa sœur, première de la famille à avoir porté l’uniforme, elle prend une décision peu commune : démissionner de l’Ena pour intégrer la Police nationale. Un pari audacieux qu’elle n’a jamais regretté.
« Il n’y a rien de plus noble que de servir la population avec une telle proximité », affirme-t-elle aujourd’hui.
Fille d’un fonctionnaire dont les nombreuses affectations ont rythmé l’enfance, Adja Coumba Ndiaye grandit entre plusieurs villes du Sénégal. De Saint-Louis, où elle effectue son préscolaire, à Kaolack, puis Dakar et Rufisque, son parcours scolaire épouse les mutations de son père. Après son entrée en sixième à l’école Masse Massaër Niane 1 de Baobab, son Bfem au lycée Galandou Diouf de Mermoz et son baccalauréat au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque, elle poursuit ses études à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où elle obtient un master.
Quelques années plus tard, celle qui avait renoncé à une carrière dans l’administration financière inscrit désormais son nom au palmarès de l’une des plus prestigieuses écoles de police d’Europe. La preuve qu’une vocation assumée peut parfois ouvrir les chemins les plus inattendus.
Par Salla GUEYE




