La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté, samedi 7 novembre 2026, l’ensemble des projets de budget soumis à son examen.
Les prévisions de recettes et de dette publique, ainsi que les budgets de plusieurs institutions, dont la Présidence de la République, la Primature et les juridictions supérieures, n’ont pas obtenu l’approbation des commissaires. Des réserves ont notamment été émises sur la cohérence de certains chiffres et la sincérité des prévisions budgétaires.
La séance s’est déroulée sous la présidence d’Alphonse Sambou, président de la Commission, en présence du ministre de l’Économie, des Finances, du Budget et du Plan, Cheikh Diba. Ce dernier était accompagné de Bassirou Sarr, chargé du Budget, et d’Allé Nar Diop, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération.
Les projets présentés portent sur des enveloppes budgétaires d’importance variable selon les institutions. La Présidence de la République se voit ainsi attribuer une dotation de 223,86 milliards de FCFA, contre 204,54 milliards en 2026, soit une hausse de 19,32 milliards. À l’inverse, le budget de l’Assemblée nationale est proposé à 21,11 milliards de FCFA, contre 22,30 milliards l’année précédente.
Pour les autres institutions, le projet prévoit 1,50 milliard de FCFA pour le Conseil constitutionnel, 4,69 milliards pour la Cour suprême et 13,07 milliards pour la Cour des comptes.
Des réserves sur la sincérité des prévisions
Au-delà des montants annoncés, les débats ont surtout porté sur la fiabilité des documents budgétaires soumis aux députés. Plusieurs commissaires ont relevé des incohérences dans certains chiffres et exprimé des interrogations sur la sincérité des prévisions présentées par le Gouvernement.
L’absence de certaines pièces justificatives a également suscité des critiques. Des membres de la Commission ont notamment demandé la transmission de la loi de règlement 2025, considérée comme un document nécessaire pour apprécier l’exécution des budgets précédents et mieux examiner les nouvelles propositions.
Ces différentes observations ont alimenté les échanges avec les représentants du Gouvernement. Mais elles n’ont pas permis de lever les réserves exprimées par les commissaires.
Au terme des discussions, les membres de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire ont voté contre l’ensemble des projets soumis à leur examen, y compris les prévisions de recettes et de dette publique ainsi que les budgets des institutions concernées.
C.G. DIOP


