Avec un chiffre d’affaires dépassant les 90 milliards de FCfa lors de la dernière campagne, la filière anacarde confirme son statut de moteur économique de la Casamance. Cependant, les acteurs, réunis ce mardi 16 juin, à Ziguinchor, autour du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, ont dressé la liste des obstacles qui freinent encore son plein essor tout en appelant l’État à renforcer son accompagnement.
ZIGUINCHOR- Derrière les vergers d’anacardiers qui s’étendent à perte de vue en Casamance se cache une véritable manne économique. En 2025, la filière anacarde a franchi un cap important en générant plus de 90 milliards de FCfa de chiffre d’affaires. Une performance qui témoigne du potentiel du secteur, mais qui contraste avec les nombreuses difficultés auxquelles restent confrontés les producteurs, les transformateurs et les commerçants. Au lendemain de sa visite du parc agro-industriel d’Adéane, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a présidé, hier, mardi 16 juin, à Ziguinchor, un Comité régional de développement (Crd) consacré à la filière cajou. Une réunion au cours de laquelle les opérateurs économiques ont exposé leurs préoccupations et plaidé pour des mesures fortes. Premier vice-président de l’Interprofession cajou du Sénégal, Hamady Sonko a insisté sur la nécessité d’un soutien accru des pouvoirs publics.
À son avis, « l’État doit davantage accompagner les acteurs de la filière, car il n’est plus possible de produire l’anacarde comme il y a trois décennies ». Et d’ajouter : « La filière a besoin de financements, d’une meilleure structuration et d’un appui à sa formalisation ». Le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor, Jean-Pascal Éhemba, présent à la rencontre, a rappelé les immenses atouts de la région. Pour lui, « Ziguinchor dispose de toutes les ressources nécessaires pour soutenir un développement économique ambitieux et diversifié ».
Un port dynamique pour développer la Casamance
Face aux préoccupations exprimées, le ministre s’est voulu rassurant. « La Casamance est engagée sur la voie du redressement grâce aux importants investissements consentis par l’État. Nous avons un port à Ziguinchor ; l’aéroport a récemment été inauguré et dans un mois, nous reviendrons pour avancer sur la question des financements. Toutes les préoccupations soulevées ont été entendues et des réponses adaptées seront apportées », a-t-il assuré. Serigne Guèye Diop a également annoncé plusieurs orientations destinées à renforcer la compétitivité des filières nationales. « Nous voulons protéger la production locale à travers des mécanismes adaptés, notamment des mesures fiscales favorables aux filières nationales. La taxe de 20 % devrait être suspendue jusqu’à l’année prochaine. Par ailleurs, le secteur du transport sera progressivement libéralisé. L’avenir de l’anacarde passe avant tout par la transformation locale et la formation des acteurs », a insisté le Dr Diop. Abordant la question des infrastructures, il a souligné l’importance stratégique du port de Ziguinchor. « Le port doit gagner en dynamisme et être en mesure d’accueillir davantage de navires afin de soutenir le développement économique de la Casamance », a soutenu le ministre. Avec plus de 90 milliards de FCfa générés en une seule campagne, la filière anacarde confirme son poids dans l’économie régionale. Il ne reste désormais qu’à lever les contraintes liées au financement, à la transformation et à la commercialisation pour permettre à ce secteur de franchir un nouveau palier.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

