Le redressement économique envisagé par le gouvernement avec la mise en œuvre du nouveau programme de financement en vue avec le Fonds monétaire international (FMI) ne se fera pas au détriment des populations. C’est ce qu’a soutenu le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, lors de son entretien avec la Directrice générale de ce fonds, Kristalina Georgieva, mardi à Washington.
Reçu par Kristalina Georgieva au siège du FMI, ce mardi 15 septembre 2026 à Washington, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a scellé une relation renouvelée avec l’institution, deux semaines après l’accord technique du 1ᵉʳ septembre. Un programme conçu pour, selon un communiqué de la présidence, redresser les finances du pays sans faire payer les plus fragiles.
Ainsi, le chef de l’État a remercié Mme Georgieva pour son engagement personnel dans ce processus et salué la qualité de la collaboration entre ses équipes et les services de l’État, qui a permis de converger vers l’accord technique du 1ᵉʳ septembre sur un nouveau programme de trois ans appuyé par la Facilité élargie de crédit.
« Les deux parties se sont félicitées du travail accompli et des résultats obtenus. Elles partagent la volonté d’aller rapidement vers l’approbation du programme par le Conseil d’administration du FMI, afin de préserver la dynamique créée par l’accord technique et de desserrer sans tarder les contraintes de liquidité du pays », lit-on dans le texte de la présidence sénégalaise.
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Le président de la République a également réaffirmé la détermination du gouvernement à mener à bien les réformes qu’il a définies pour renforcer les finances publiques, la viabilité de la dette et l’investissement privé.
Il s’est aussi engagé pour une « meilleure gestion de la dette », une « mobilisation des recettes », une « rationalisation des dépenses », une « amélioration du climat des affaires ». D’ailleurs, a-t-il relevé, ce sont autant de chantiers déjà engagés que le programme vient consolider.
Ce que le programme change pour les Sénégalais
« Le chef de l’État a été clair sur un point, le redressement ne se fera pas au détriment des populations, en particulier les plus vulnérables. La protection sociale est une composante centrale du programme », informe le communiqué.
D’après la même source, le programme national de bourses de sécurité familiale sera renforcé, les bourses des étudiants préservées, la couverture maladie universelle consolidée. La réforme des subventions à l’énergie sera progressive et mieux ciblée, pour que l’effort public aille d’abord aux ménages qui en ont le plus besoin.
« L’économie réelle est au cœur du dispositif. Le plan d’apurement des arriérés dus aux entreprises privées va restaurer leur trésorerie, préserver les emplois et relancer l’investissement. Les projets stratégiques et prioritaires seront poursuivis, dans des limites compatibles avec la viabilité de la dette. L’objectif final est une croissance plus forte, plus inclusive et créatrice d’emplois durables pour les jeunes », poursuit le texte.
Une nouvelle phase de coopération
Cet entretien ouvre, selon la présidence, une nouvelle phase de coopération entre le Sénégal et le FMI, fondée sur la transparence, la responsabilité et des résultats concrets pour les populations. Le Sénégal tiendra ses engagements et poursuivra le dialogue avec le Fonds et l’ensemble de ses partenaires pour ouvrir un nouveau cycle de croissance et de prospérité partagée.
Il convient noter que le Sénégal et le FMI travaillent ensemble depuis l’adhésion du pays aux institutions de Bretton Woods en 1963. Les programmes des années 2000 avaient permis des progrès notables dans la gestion budgétaire. Plus récemment, lorsque le gouvernement a choisi de rendre publique la situation réelle des finances du pays, le dialogue entre les équipes sénégalaises et celles du Fonds s’est maintenu sans interruption. Les discussions ont pris du temps, mais cette continuité a préservé la confiance et permis d’aboutir.
Sur ce, après trois jours de travail à Washington, marqués par les rencontres avec le secteur privé américain, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, le président de la République a quitté la capitale américaine en fin de journée pour Abu Dhabi, où il sera reçu jeudi par Cheikh Mohammed Bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats arabes unis.
Mariama DIEME

