La souveraineté alimentaire ne se réduit pas à la disponibilité des denrées et la transition nutritionnelle est un défi majeur à relever. C’est ce qu’a souligné mardi, le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, lors de la séance académique solennelle de l’Académie nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (Ansts).
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, veut que le Sénégal soit souverain sur le plan alimentaire au plus tard d’ici 2050. Pour cela, il estime qu’il faut dépasser les slogans et concrétiser cette vision.
« La souveraineté alimentaire ne se réduit pas à la disponibilité des denrées. La malnutrition chronique touche encore des milliers d’enfants, tandis que persistent les carences en micronutriments et que progresse le surpoids. C’est assez dire que la transition nutritionnelle est un défi majeur à relever », a-t-il dit.
Dès lors, pour le chef de l’Etat, la stratégie nationale de souveraineté alimentaire ne saurait se limiter à la disponibilité des denrées. Elle doit plutôt s’employer à garantir, à chaque Sénégalaise et à chaque Sénégalais, un accès durable à une « alimentation saine, diversifiée, nutritive et culturellement acceptable ».
Faire reculer toutes les formes de sous-alimentation
« Naturellement, l’ambition de faire reculer toutes les formes de sous-alimentation et de malnutrition suppose une mobilisation collective. A cet égard, nous accordons une attention particulière aux femmes et aux jeunes qui représentent la principale force de transformation de notre système agricole, constituant ainsi un levier essentiel de notre souveraineté alimentaire », a-t-il ajouté.
La souveraineté, qu’elle soit alimentaire ou de toute autre nature, reconnait le chef de l’Etat, « ne se décrète pas » ; elle se construit, méthodiquement, sur trois piliers essentiels. Il s’agit selon lui, de la mobilisation des acquis de la science, de la technologie et de l’innovation, face à l’intensification des sécheresses, des inondations, de la salinisation des terres et au dérèglement des saisons agricoles.
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Il est nécessaire d’assurer : « la transformation structurelle et productive de notre économie, singulièrement dans les secteurs de la production, de la valorisation, du transport et de la distribution agroalimentaires et l’implication de tous – chercheurs, scientifiques et techniciens, producteurs et opérateurs privés – au plan national comme dans nos terroirs », a soutenu le président Faye.
Sous ce rapport, le chef de l’Etat indique qu’ils doivent avoir une claire conscience que l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 qui sous-tend la Stratégie nationale de Souveraineté alimentaire ; doit étroitement reposer sur la valorisation et l’optimisation des progrès significatifs de la Science, de la Technologie et de l’Innovation.
La diaspora scientifique invitée à contribuer davantage à cet effort national
« Je veux, à ce propos, saluer le rôle éminent de l’Académie nationale des Sciences et Techniques du Sénégal, véritable conscience scientifique de notre pays. Au fil de ses travaux et des décennies, elle a su maintenir une parole scientifique indépendante, constructive, rigoureuse et responsable, au service d’un développement intégral et durable du Sénégal », a-t-il témoigné.
Sur ce, il a invité la diaspora scientifique sénégalaise à contribuer davantage à cet effort national, par son expertise et ses réseaux internationaux. Il encourage à cet égard l’Académie à poursuivre son programme « Vitrine de la diaspora scientifique », qui renforcera la synergie et le partenariat entre les institutions d’enseignement supérieur et de recherche.
Ainsi, le président Faye plaide pour le renforcement des partenariats scientifiques et technologiques avec les Académies africaines et internationales, afin de mutualiser les connaissances et d’accélérer les innovations adaptées à leurs réalités.
Mariama DIEME


