En 2025, le Sénégal trône sur l’espace Uemoa concernant les envois financiers des migrants. Selon le rapport du Fonds international de développement agricole (Fida) publié ce jeudi 24 septembre, il engrange 2.522 milliards de FCfa, suivi de la Côte d’Ivoire avec 1.060 milliards de FCfa.
Les envois de fonds des migrants vers les pays à revenu faible ou intermédiaire ont atteint, en 2025, 728,6 milliards de dollars, soit 1.960 milliards de FCfa, selon le rapport du Fonds international pour le développement agricole (Fida) publié hier, jeudi 24 septembre. Le montant a presque doublé en 10 ans. Environ 220 millions de migrants soutiennent 1,1 milliard de proches à travers le monde. Les transferts se situent généralement entre 300 et 400 dollars, envoyés 9 à 10 fois par an et par foyer. Dans l’espace Uemoa, le Sénégal s’impose comme le leader avec des transferts de sa diaspora s’élevant à 2.522 milliards de FCfa. Quant à la Côte d’Ivoire, elle a bénéficié d’un volume de 1.021 milliards de FCfa. Le Burkina Faso a, de son côté, reçu 343 milliards de FCfa. La Guinée-Bissau se retrouve avec 125 milliards de FCfa, le Bénin, 195 milliards de FCfa et le Mali, 616 milliards de FCfa. Dans l’espace Cedeao, le Sénégal occupe la deuxième place, derrière le Nigeria qui a reçu de ses migrants 13.140 milliards de FCfa. Après le défi de la mobilisation, notre pays réfléchit à une meilleure orientation de ces fonds qui représentent 27 % du Produit intérieur brut (Pib). Selon une étude du cabinet sénégalais A&A Strategy, le gouvernement se fixe deux cibles principales à l’horizon 2034. Il s’agit de porter le niveau d’investissement de la diaspora à l’équivalent de 4 % du Pib et de mobiliser l’épargne financière à hauteur de 5 % du Pib. Cela représente un objectif de collecte de transferts productifs cumulés d’environ 9 % du Pib, correspondant à 3.311 milliards de FCfa.
À travers ce schéma, l’État du Sénégal ambitionne de capter les 45 % de l’épargne de la diaspora gardés dans les pays d’accueil, soit 1.545 milliards de FCfa en 2024. Seuls 55 % de leur épargne sont transférés au Sénégal, soit 1.982 milliards de FCfa. Les transferts réalisés via les circuits formels représentent 81 % des flux globaux. Parmi ces envois, on estime que 75 % (soit 1.487 milliards de FCfa) sont directement orientés vers la consommation courante, notamment pour couvrir les dépenses quotidiennes et incompressibles des ménages. D’après les projections d’A&A Strategy, l’épargne globale de la diaspora culminera à 7.148 milliards de FCfa en 2034. Ce gisement se compose, d’une part, des transferts de subsistance dédiés à la consommation incompressible (2.925 milliards de FCfa) et, d’autre part, des transferts productifs (975 milliards). À cela s’ajoute l’épargne des migrants non transférée au Sénégal, évaluée à 3.249 milliards de FCfa. Ainsi, les marges de manœuvre de l’État pour mobiliser, au-delà des 975 milliards de FCfa de 2034, résident dans sa capacité à rapatrier une part des 1.545 milliards de FCfa d’épargne non transférée que la diaspora retient dans les pays d’accueil pour sa sécurité financière. Dans un scénario de base (sans mécanismes nouveaux), la mobilisation d’épargne productive resterait limitée à 975 milliards de FCfa en 2034. Mais, avec une stratégie de mobilisation volontariste, financièrement sécurisée et ultra-flexible, jusqu’à 1.218 milliards de FCfa supplémentaires pourraient être mobilisés au Sénégal en transferts productifs additionnels.
Demba DIENG

