Une liquidité disponible contre un crédit bancaire qui se contracte. C’est le constat global du bulletin du secteur financier du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
La masse monétaire du Sénégal a poursuivi sa progression au premier trimestre 2026, atteignant 11 834,5 milliards de FCFA, contre 11 568,4 milliards de FCFA à fin décembre 2025, soit une hausse de 266,1 milliards de FCFA (+2,3 %) en 3 mois et de 1 340 milliards (+13,3 %) sur 1 an.
Une dynamique qui contraste toutefois avec l’évolution du financement bancaire de l’économie, marqué par un net repli des encours de crédits. C’est ce qui ressort du bulletin du secteur financier du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
D’après la source, la progression de la masse monétaire s’explique par la hausse simultanée de la circulation fiduciaire (+6,7 %), des autres dépôts inclus dans la masse monétaire (+1 %) et des dépôts transférables (+0,3 %).
Autrement dit, davantage de liquidités circulent dans l’économie sans que cette progression se traduise mécaniquement par une hausse des crédits bancaires. Le contraste est particulièrement visible du côté des banques. À fin mars 2026, l’encours de crédits s’est établi à 8 057,9 milliards de FCFA, contre 8 597,2 milliards à fin 2025, soit une contraction de 539,3 milliards (-6,3 %) en rythme trimestriel.
Sur un an, le recul est de 3 %. Cette évolution intervient alors même que les crédits en souffrance diminuent. Ceux-ci sont passés de 851,9 milliards à 788,2 milliards de FCFA, soit une baisse de 63,7 milliards (-7,5 %) entre décembre 2025 et mars 2026.
Les IMF prennent le relais
Le mouvement suggère ainsi un début d’année marqué par un resserrement du crédit bancaire alors que la liquidité monétaire continue de progresser. La microfinance affiche une trajectoire différente, souligne le document. À fin mars 2026, les Institutions de microfinance (IMF) totalisent 1 101,4 milliards de FCFA de bilan, en hausse de 3,6 % sur un trimestre et de 3,3 % sur un an.
Leurs encours de crédits atteignent 878,5 milliards de FCFA, en progression de 3,4 % sur le trimestre et de 10,8 % sur un an. Les dépôts atteignent, pour leur part, 640,8 milliards, soit une hausse annuelle de 8,5 %.
La production de nouveaux crédits s’est néanmoins contractée de 13,5 % par rapport au quatrième trimestre 2025, s’établissant à 227,3 milliards de FCFA. Cette baisse est toutefois à relativiser, le dernier trimestre de l’année étant traditionnellement marqué par une forte demande de financement.
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Cependant, le principal point de vigilance pour la microfinance reste le niveau des créances en souffrance. Celles-ci atteignent 62,4 milliards de FCFA, en hausse de 22,2 % depuis fin 2025, représentant 7,1 % de l’encours de crédits, contre une norme communautaire de 3 %. Cette situation traduit la persistance des difficultés de recouvrement et pose la question de la qualité du financement accordé, notamment aux ménages et aux petites activités économiques.
Sur le front de l’activité économique, le PIB réel corrigé des variations saisonnières s’est établi à 4 568,4 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, en hausse de 1,2 % par rapport au trimestre précédent. Le moteur de cette progression est le secteur tertiaire dont la valeur ajoutée a augmenté de 3,6 %. À l’inverse, les secteurs primaire et secondaire ont enregistré des contractions respectives de 0,3 % et 1,1 %. Le PIB réel hors hydrocarbures progresse également de 1,2 %.
Oumar FÉDIOR

