Mises en place par l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida), les fermes Natangué ont contribué à accroître les revenus de nombreux foyers, notamment ceux des jeunes dans la région de Sédhiou. À Marsassoum, celle créée il y a une décennie a amélioré les conditions de vie des acteurs tout en servant d’incubateur aux agripreneurs.
SÉDHIOU – Près de dix ans après l’installation des fermes Natangué, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) se dit satisfaite de l’évolution constatée dans ces structures agricoles. À la ferme Natangué Santo, située dans la commune de Marsassoum (région de Sédhiou), la collaboration avec l’Anida remonte à plusieurs années. Cette exploitation d’un hectare, qui n’était au départ qu’une ferme familiale de petite taille, a connu une croissance remarquable. « Par la grâce de Dieu, nous sommes entrés en contact avec l’Anida. L’agence nous a installé une clôture sur un hectare, un puits équipé d’une pompe solaire ainsi qu’un système d’irrigation goutte à goutte », souligne Ababacar Abdoulaye Coly, gérant de la ferme «Natangué Santo».
Au début de ses activités, la ferme ne réalisait même pas un chiffre d’affaires de 500.000 FCfa. Aujourd’hui, selon Mame Mor Guèye, directeur technique de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole, la ferme génère un chiffre d’affaires annuel de 20 millions de FCfa. «Cela montre, une fois de plus, l’importance de multiplier ce type de fermes afin de permettre aux jeunes et aux femmes du monde rural de travailler tout au long de l’année », a-t-il ajouté.
Ferme intégrée, Natangué Santo intervient dans plusieurs domaines, notamment la pisciculture, l’arboriculture fruitière avec la production de mangues et de citrons, ainsi que le maraîchage avec la culture du piment et du poivron. L’élevage occupe également une place importante dans les activités de l’exploitation. La production d’œufs et de volailles améliorées y est désormais une réalité. Grâce à ses poulaillers, la ferme contribue à l’approvisionnement de la région de Sédhiou en œufs.
Dans le domaine de la pisciculture, « la ferme dispose actuellement de six bassins de 100 m³ chacun. Dans chaque bassin, nous introduisons 5.000 alevins qui sont commercialisés après six mois d’élevage », explique Ababacar Abdoulaye Coly.
La production piscicole constitue une véritable aubaine pour les populations. Traversée par un bras du fleuve Soungrougrou, la commune de Marsassoum et ses environs sont pourtant confrontés à une certaine rareté du poisson. Cette situation profite à la ferme Natangué.
Sept personnes y travaillent régulièrement
Selon M. Coly, l’écoulement des produits halieutiques ne pose aucune difficulté. À cela s’ajoute la commercialisation des œufs. La ferme est en effet l’une des rares structures productrices d’œufs dans la région. « C’est pourquoi tout ce que nous produisons est écoulé dans les jours, voire les semaines qui suivent », a-t-il assuré.
Cette ferme constitue également une vitrine et un incubateur. Plusieurs jeunes y effectuent des stages ou des périodes de pratique à l’issue de leur formation. Sept personnes y travaillent régulièrement. Elle accueille aussi des stagiaires issus du Centre de formation professionnelle de Sédhiou, de l’Institut supérieur de management (Ism) et de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (Isep) de Bignona. « Ce jeune est installé depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, il emploie cinq ouvriers agricoles. Mieux encore, il offre aux jeunes diplômés ainsi qu’aux personnes en formation l’opportunité de venir apprendre de son expérience. Cela témoigne de son ouverture d’esprit et de sa générosité. Il partage ses connaissances sans aucune limite », a salué Mame Mor Guèye, directeur technique de l’Anida.
Pour M. Guèye, les fermes soutenues par l’Anida permettent à de nombreux ménages ruraux de développer des activités productives tout au long de l’année. « La modernisation offre aux familles l’occasion de développer des activités génératrices de revenus substantiels. Le cas de Natangué Santo en est une parfaite illustration », a-t-il affirmé.
Selon lui, les fermes «Natangué» offrent aux jeunes la possibilité de travailler chez eux, de gagner dignement leur vie et de contribuer au développement de leur terroir. L’Anida l’a bien compris et son directeur général s’est fixé comme objectif de moderniser davantage les fermes agricoles familiales. Il invite les autorités à mobiliser davantage de ressources afin d’offrir cette opportunité au plus grand nombre de jeunes sénégalais qui le souhaitent. Dans le même élan, il a encouragé les collectivités territoriales à faciliter l’accès des jeunes au foncier.
Par Jonas BASSENE (Correspondant)

