Rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au Rwanda d’ici le début des années 2030. C’est l’ambition du président rwandais, Paul Kagamé qui s’exprimait le 19 mai 2026 lors de l’ouverture de la deuxième édition du Sommet sur l’innovation en énergie nucléaire pour l’Afrique (Neisa, sigle en anglais). «Le Rwanda est heureux d’avoir terminé avec succès la phase de revue des infrastructures de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea). Nous avons l’intention de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle d’ici le début des années 2030, et cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie », a déclaré le président rwandais.
Devant des chefs d’Etat et de gouvernement notamment de Tanzanie et du Togo, Paul Kagamé a mis en avant, la nécessité d’accélérer le développement de l’énergie nucléaire en Afrique et de renforcer la coopération régionale pour assurer l’indépendance et la sécurité énergétique du continent. «Pour l’Afrique, l’énergie n’est pas simplement une source de développement», a déclaré M. Kagamé. Selon lui, elle est également à la base de la croissance industrielle, le traitement des minéraux, le numérique.
«C’est pourquoi le Rwanda considère l’énergie nucléaire comme un composant critique de la transformation à long terme de l’Afrique », a souligné le président de la République.
Il a fait savoir qu’en mesure que des pays s’engagent dans cette voie, les processus réglementaires ne devraient pas devenir des obstacles, mais offrir plutôt le soutien nécessaire.
Pour le Rwanda, a précisé le chef de l’Etat, les petits réacteurs modulaires représentent la voie la plus pratique à suivre. A son avis, ils sont mieux adaptés aux réalités de la plupart des pays africains, car ils peuvent être déployés progressivement et intégrés dans de plus petits réseaux à moindre coût.
Toutefois, Paul Kagamé a ajouté que l’énergie renouvelable restera indispensable, en particulier le solaire et l’hydroélectricité, où l’Afrique a un potentiel énorme.
Mais il est d’avis que nos économies ne peuvent pas fonctionner efficacement uniquement avec un approvisionnement intermittent.
Lors de son discours, Paul Kagamé a posé la question du financement de l’énergie nucléaire. Il a relevé que trop souvent, les investisseurs hésitent parce qu’ils perçoivent de nombreux risques en Afrique. «Nous devons travailler à renforcer la réglementation, à assurer la cohérence et la responsabilité, afin de renforcer la confiance et d’attirer des capitaux à long terme », a affirmé M. Kagamé. Soutenant que l’environnement financier international évolue également, il renseigne que l’énergie nucléaire est de plus en plus reconnue comme faisant partie de la transition vers une énergie propre, et cela crée de nouvelles opportunités.
Le chef de l’Etat rwandais a rappelé l’importance de Neisa conçu pour rassembler les dirigeants, les experts et les partenaires afin de faire progresser les objectifs de l’Afrique en matière d’énergie nucléaire. Il a affirmé que la forte participation ici aujourd’hui reflète un consensus croissant sur le fait que l’avenir de nos économies dépend de la rapidité avec laquelle nous résolvons le défi énergétique. Paul Kagamé a également souligné l’importance de la coopération pour le développement de l’énergie nucléaire en Afrique.
Aliou KANDE, Envoyé spécial à Kigali


