Le Service départemental de l’élevage de Bakel a intensifié sa lutte contre l’importation frauduleuse de volailles. Au cours d’une opération de contrôle et de surveillance menée hier sur le terrain, les agents ont retiré du marché plus de cinquante carcasses de poulets de chair importés. « Nous avons saisi plus de 50 carcasses de poulets importés », a déclaré le chef du Service départemental de l’élevage, Ibnou Sy. Selon lui, la majorité de ces produits, qui sera incinérée, provient de Gouraye, une commune mauritanienne située à la frontière avec le département de Bakel.
L’inspecteur de l’élevage explique que ce phénomène s’accentue avec l’installation progressive de l’hivernage. Les fortes pluies rendent l’élevage de volailles plus difficile, poussant certains aviculteurs à suspendre temporairement leurs activités. Pour répondre à la demande de leurs clients, certains commerçants se tournent alors vers l’importation de poulets entiers ou de découpes. « La saison des pluies est particulièrement contraignante pour l’élevage de volailles. Les poulets supportent difficilement cette période. C’est pourquoi certains aviculteurs-commerçants choisissent d’importer ces produits », a précisé M. Sy.
Le responsable rappelle toutefois que l’importation de poulets de chair et de découpes de volaille est interdite au Sénégal depuis 2005. Cette mesure a été adoptée afin de prévenir l’introduction de la grippe aviaire sur le territoire national, tout en protégeant et en soutenant la filière avicole locale.
Selon Ibnou Sy, cette opération de saisie fait suite à une campagne de sensibilisation menée auprès des aviculteurs et des commerçants sur les risques sanitaires et les dispositions réglementaires en vigueur.
Face à la persistance de la fraude, le chef du Service départemental de l’élevage appelle à une vigilance accrue au niveau des postes frontaliers. Il plaide également pour un renforcement de la collaboration entre la gendarmerie, les services des douanes et ceux de l’élevage afin de mieux endiguer ce trafic.
« Nous avons saisi cette quantité, mais une quantité bien plus importante traverse la frontière pour entrer dans le pays », a-t-il conclu, soulignant l’ampleur du phénomène.
Boubacar Agna CAMARA
(Correspondant)


