L’Institut panafricain de recherche pour le développement (IPAR) a organisé, mardi 8 aout à Dakar, un dialogue politique consacré au Système de riziculture intensive (SRI), avec l’objectif d’identifier les conditions de son passage de l’expérimentation à une mise à l’échelle au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. La rencontre a réuni des chercheurs, des représentants des pouvoirs publics, des organisations de producteurs, des experts et des partenaires techniques et financiers.
Présenté comme une approche agroécologique permettant d’améliorer la productivité du riz tout en réduisant la consommation d’eau et l’utilisation de certains intrants, le SRI suscite un intérêt croissant dans le contexte des ambitions de souveraineté alimentaire et des effets du changement climatique. « Vous dépensez moins et vous produisez plus », a souligné Dr Waly Diouf, coordonnateur du Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) et conseiller technique au ministère de l’Agriculture.
La directrice exécutive de l’IPAR Think Tank, Laure Tall, a insisté sur l’intérêt du système pour une agriculture plus économe en ressources. « Ici, c’est au contraire un système qui permet d’économiser de l’eau, de limiter les apports en engrais et, dans certaines conditions, de produire plus », a-t-elle expliqué.
Les travaux conduits dans le cadre du projet COINS, notamment dans le département de Podor, ont permis de mettre en évidence les potentialités du SRI, mais aussi les difficultés liées à son adoption. Selon Dr Waly Diouf, l’inadaptation de certains aménagements, le niveau de mécanisation, l’accès aux semences de qualité, ainsi que les déficits de formation et d’accompagnement constituent des obstacles à lever.
L’IPAR entend capitaliser sur les expériences menées avec les organisations de producteurs afin de dégager des pistes d’action pour une adoption plus large du SRI. Le dialogue politique vise ainsi à contribuer à l’intégration de cette approche dans les politiques agricoles et climatiques du Sénégal.


