La journée annuelle de la renaissance scientifique de l’Afrique (Jrsa) est célébrée, lundi, sous le thème : « Le contenu local dans le secteur extractif : état des lieux et perspectives ». À l’initiative de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts), la rencontre qui a regroupé une pléthore de scientifiques a permis de jeter les bases d’une nouvelle politique du contenu local pouvant aboutir à une transformation en profondeur dans le secteur extractif.
L’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) a célébré, lundi, la journée annuelle de la renaissance scientifique de l’Afrique (Jrsa). Cette rencontre qui a réuni plusieurs experts venus d’Afrique et du Sénégal en particulier, a porté sur le thème : « Le contenu local dans le secteur extractif : état des lieux et perspectives ».
Pour cette édition, l’Ansts avec ses partenaires entend se positionner dans la réflexion stratégique sur la géostratégie des ressources extractives et évaluer la contribution scientifique sur les enjeux et perspectives du contenu local dans le secteur extractif. Plusieurs pistes de solutions ont été élaborées par des experts afin que le contenu local dans le secteur extractif soit un levier de souveraineté économique, d’innovation et de transformation structurelle du Sénégal. Leurs diagnostics visent à répondre à un enjeu économique de taille puisqu’en 2020 le Sénégal a mis en œuvre un dispositif de contenu local visant à capter au moins 50% des opportunités économiques générées par les industries extractives à l’horizon 2035.
Selon le Dr Ousmane Cissé, conseiller technique du ministre des Mines et de la Géologie, au Sénégal nous avons une industrie extractive qui est basée sur l’exploitation et l’exportation. Cependant, il a insisté sur l’urgence de passer à une étape supérieure en privilégiant la chaîne de la transformation pour créer plus de valeur ajoutée.
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À l’en croire, en termes d’exportation, tout ce qui est produit est presque exporté. Ce qui fait, a-t-il ajouté, qu’on risque d’être dans une industrie où l’État est en train de chercher des revenus et ces derniers ne peuvent pas permettre de développer le pays.
« Il nous faut une diversification de la transformation qui devrait amener l’ensemble des acteurs à s’insérer et à créer de la valeur. Pour ce faire, la science est importante parce qu’il faut former les gens. Nous avons besoin de former. Former, ce n’est pas uniquement d’avoir des ingénieurs. Mais se former, c’est à partir de la base. L’objectif, c’est de dire que non seulement les ressources appartiennent au peuple mais doivent générer de la croissance, contribuer au développement économique, au bien-être, etc. « , a-t-il affirmé.
Dans cette perspective, le contenu local apparaît comme un enjeu systématique appelant une approche intégrée articulant développement industriel, renforcement du capital humain, innovation scientifique et technologique, amélioration du pilotage stratégique et valorisation des retombées territoriales.
Néanmoins, le rapport sur l’état des lieux dans le secteur extractif présenté, à cette occasion, a montré un déficit de compétences techniques. De plus, le rapport a fait état des besoins en formation spécialisée, notamment dans les métiers techniques et d’ingénierie. En plus du transfert technologique qui demeure limité, il est à noter la dépendance technologique vis-à-vis des partenaires extérieurs qui limite également l’appropriation nationale des technologies et freine l’innovation.
Pour Dr Moctar Touré, président de l’Ansts, la richesse d’une nation ne réside pas uniquement dans les ressources qu’elle possède, mais surtout dans sa capacité à les maîtriser, à les transformer et à les valoriser au profit de son développement. À ses yeux, le contenu local est un puissant levier de transformation structurelle, visant à accroître la participation des entreprises nationales, de la communauté scientifique, des compétences locales et de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur des industries extractives. Il a ainsi indiqué que l’ambition est de faire des ressources naturelles un moteur d’industrialisation, d’innovation, de création d’emplois et de développement du capital humain.
» Au Sénégal, l’exploitation du pétrole, du gaz et des ressources minières ouvre une fenêtre d’opportunités historiques. Les réformes engagées et le cadre juridique mis en place traduisent une volonté affirmée de faire de ce secteur des vecteurs de croissance inclusifs et de création de valeur nationale. Toutefois, des défis importants demeurent, parmi lesquels le renforcement des compétences, le développement d’un tissu industriel compétitif, la maîtrise des technologies, le financement de l’innovation et la consolidation des mécanismes de gouvernance », a-t-il dit, soulignant que ces défis interpellent directement la communauté scientifique, car aucun contenu local durable ne peut prospérer sans recherche, sans innovation, sans formation de qualité et sans production de connaissances adaptées aux réalités nationales.
Bada MBATHIE


