Agée d’une trentaine d’années, Amy Séne est une institutrice engagée et passionnée pour l’éducation inclusive. Depuis 6 ans elle tient une classe inclusive dans la commune de Sibassor (département de Kaolack). Sa passion pour la méthode braille, lui a valu d’être recrutée comme une auxiliaire de vie scolaire (AVS), un métier qui consiste à accompagner pédagogiquement les élèves déficients visuels de la commune de Kaolack en dehors des heures de cours.
Elle fait partie des enseignantes en éducation inclusive les plus connues dans le département de Kaolack. Elle, c’est Amy Séne. La trentaine sonnée, teint noir, petite par la taille mais grande par son intelligence et sa créativité, Amy Séne est un élément clé du dispositif d’accompagnement et d’éducation inclusive à Kaolack. En service à l’école élémentaire Sibassor2, à une dizaine de kilomètres de Kaolack, Amy Séne y tient une classe inclusive depuis 2020, ce, après une formation en éducation inclusive en décembre de la même année.
En dehors de ses heures de cours, Amy Séne consacre le reste de son temps aux élèves déficients visuels de la commune de Kaolack. Ici, à 14 kilomètres de son lieu de travail (Sibassor), elle porte son casque d’auxiliaire de vie scolaire (Avs). C’est-à-dire une enseignante engagée pour dispenser des cours de renforcement aux élèves en difficulté, les non et mal voyants précisément.
Sa stratégie consiste à rassembler des élèves déficients visuels à l’école élémentaire Ndagane 3, dans la commune de Kaolack les après –midi du lundi, mercredi et vendredi pour leur dispenser des cours de remédiation et de renforcement. Cette année, Amy Séne a pris en charge 8 élèves déficients visuels, répartis entre les cours élémentaires première et deuxième année (CE1, CE2) et le cours moyen première année (CM1).
« Je ne fais pas d’acquisition, c’est-à-dire de nouvelles leçons, mais des exercices de remédiation, des séances d’explication pour amener l’enfant à comprendre mieux ce qu’il n’avait pas compris en classe avec son maitre ou sa maitresse. C’est vrai, le travail n’est pas facile et la principale difficulté réside dans les mathématiques, surtout la division, les nombres décimaux et les fractions. Mais quand même c’est impressionnant et passionnant. Je bénéficie d’une indemnité mensuelle de transport de 35.000f. Pour les élèves, leur transport est pris en charge par un partenaire » renseigne Amy Séne.
D’après madame Séne, les élèves à besoins éducatifs spéciaux sont dans des classes pléthoriques et même avec l’application du 1/3 temps (tiers temps), ils ont des difficultés à terminer leurs exercices ou leurs leçons. Ce qui fait qu’ils ont victimes de leur rythme de progression. Et s’il n’y a pas de suivi, l’enfant peut abandonner ses études.
« C’est pour éviter le décrochage de ces élèves et leur donner de la chance, que j’ai accepté la proposition des autorités scolaires qui m’ont choisie parmi tant d’autres, pour accompagner les élèves déficients visuels, en dehors de mes cours officiels. C’est dans cette perspective d’ailleurs que vous m’avez trouvée ici à l’école Koutal serer qui fait office de centre d’examen du Cfee inclusif. Je suis déployée dans ce centre pour transcrire les épreuves d’un candidat non voyant en braille. Pour la correction, je dois être à Ndiambel, une autre commune du département de Kaolack » explique Amy Séné, institutrice en éducation inclusive.
Pape Coly NGOME


