Organisée les 17 et 18 juin derniers, la session 2026 du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) s’est soldée par un taux de réussite record de 94,49 %, dans un contexte marqué par la suppression du concours d’entrée en classe de sixième. Si ces performances constituent un motif de satisfaction, elles suscitent également des interrogations au sein de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep).
Dans une analyse rendue publique, la Cosydep estime que ces résultats historiques doivent être examinés avec rigueur, notamment au regard des nouvelles modalités de passage en sixième. Selon l’organisation, la suppression du concours d’entrée constitue le principal changement intervenu cette année et pourrait expliquer, en partie, la progression spectaculaire du taux de réussite.
La coalition rappelle que l’école publique est capable d’atteindre des taux de réussite comparables à ceux des établissements d’excellence, voire de 100 %, à condition que les conditions d’un enseignement de qualité soient réunies. Elle cite notamment le respect des normes pédagogiques, la disponibilité des ressources et un environnement d’apprentissage favorable.
Toutefois, la Cosydep souligne que l’évolution des résultats du Cfee au cours des dernières années montre une progression annuelle moyenne d’une dizaine de points. La hausse de 23,76 points enregistrée en 2026 apparaît ainsi exceptionnelle et mérite, selon elle, une analyse objective afin d’identifier les facteurs qui l’expliquent et d’en tirer des enseignements pour les prochaines sessions.
L’organisation relève également qu’aucune réforme majeure, autre que la suppression du concours d’entrée en sixième, n’a été mise en œuvre cette année pour justifier une telle amélioration des performances.
Pour renforcer un système éducatif inclusif, crédible et performant, la Cosydep recommande notamment de consolider le cycle fondamental de dix ans afin de garantir à chaque enfant l’acquisition des compétences essentielles. Elle plaide également pour une redéfinition de la notion de qualité de l’éducation, en dépassant la seule maîtrise de la langue, ainsi que pour une amélioration des principaux déterminants de la qualité des apprentissages.
À ce titre, la coalition préconise le respect du quantum horaire, la réduction des effectifs par classe, la mise à disposition de supports pédagogiques adaptés, l’amélioration des infrastructures scolaires, la motivation des enseignants, la pertinence des curricula, une participation accrue des communautés, l’introduction des langues nationales et la mise en place d’évaluations plus objectives.
La Cosydep a enfin invité les autorités à engager un débat budgétaire « serein et rigoureux » en préparation de l’exercice 2027, estimant que les investissements consentis dans le secteur de l’éducation seront déterminants pour améliorer durablement la qualité des apprentissages et répondre aux défis du système éducatif sénégalais.
Cheikh Ahmed Tidiane Ndome

