Revoir les référentiels qui encadrent certaines formations professionnelles au Sénégal constitue une priorité pour le promoteur de l’Africaine des Formations professionnelles en Alternance (AFPA), Dr Touba Fall. Selon lui, les personnes qui n’ont pas fréquenté l’école classique doivent pouvoir accéder aux formations professionnelles et se former aux différents métiers. Il s’exprimait le 15 août 2026, en marge de l’ouverture des premières activités de l’antenne de l’AFPA à Touba.
Pour Dr Touba Fall, la question de la formation professionnelle doit être repensée au regard des réalités socioéconomiques du pays. Il rappelle que, selon certaines études, le taux de chômage atteint 21 % dans les centres urbains et 50 % dans les zones rurales. À cela s’ajoute l’arrivée chaque année de nombreux jeunes sur le marché du travail. « Chaque année, 250 000 jeunes cherchent leur premier emploi », a-t-il indiqué.
À Touba, cette situation est davantage perceptible, estime le promoteur de l’AFPA. Il décrit une ville où « la pauvreté côtoie l’opulence », avec des ménages confrontés à un coût de la vie élevé. Une situation qui, selon lui, limite les capacités de nombreuses familles à financer la formation professionnelle de leurs enfants.
À ces difficultés s’ajoute la situation des jeunes qui n’ont pas fréquenté l’école française classique. Dr Touba Fall considère que le système de formation doit davantage prendre en compte les profils issus de l’enseignement arabe ou coranique. À ses yeux, l’erreur a été de considérer que seuls ceux ayant suivi le cursus scolaire classique pouvaient accéder à certaines formations professionnelles.
Or, soutient-il, ceux qui ont fréquenté l’école arabe ou coranique disposent souvent d’aptitudes et de compétences qui leur permettent d’apprendre rapidement certains métiers. D’où son interrogation : « Est-ce que nous ne devons pas mettre à jour nos référentiels ? »
Le promoteur de l’AFPA cite notamment le cas des tailleurs parmi les professionnels ayant réussi sans nécessairement passer par l’école classique. Selon lui, plusieurs des meilleurs acteurs du secteur au Sénégal ont appris leur métier sur le tas et sont aujourd’hui à la tête d’activités prospères. Il plaide ainsi pour une meilleure reconnaissance des compétences acquises par l’expérience.
Dans cette perspective, Dr Touba Fall a rappelé le rôle de la Direction des Examens et Certifications (DEC) du ministère chargé de la Formation professionnelle, qui permet aux personnes ayant appris un métier sur le tas de faire reconnaître leurs compétences et d’obtenir un premier diplôme.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’implantation de l’antenne de l’AFPA à Touba. À travers cette structure, Dr Touba Fall ambitionne d’accompagner les jeunes de la cité religieuse dans l’acquisition de compétences professionnelles et de contribuer ainsi à leur insertion dans le monde du travail.
Birane Diop, correspondant


