À Ziguinchor, l’Université Assane Seck (Uasz) vient de franchir un cap majeur dans la formation pratique de ses futurs médecins grâce à un centre de simulation médico-chirurgicale offert par le Japon. L’infrastructure a été inaugurée, le vendredi 8 mai 2026.
ZIGUINCHOR– Dans une salle immaculée où résonnent encore les explications des formateurs, un groupe d’étudiants en blouse blanche entoure un mannequin médical allongé sur un lit d’hôpital. L’un vérifie les constantes pendant qu’un autre répète les gestes de réanimation sous le regard attentif d’un enseignant.
Ici, chaque mouvement compte. Chaque erreur peut être corrigée immédiatement. Mais surtout, aucun patient réel n’est exposé au moindre risque. Bienvenue au nouveau centre de simulation médico-chirurgicale de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz), inauguré hier, vendredi 8 mai 2026, grâce à un financement du gouvernement japonais estimé à près de 50 millions de FCfa.
Dans l’enceinte de cette annexe de l’Ufr Sciences de la santé, l’ambiance des grands jours contraste avec le calme habituel. Autorités administratives, responsables universitaires, personnels de santé, étudiants et partenaires techniques se sont réunis autour d’un même sentiment : celui d’assister à une étape décisive pour la formation médicale dans le Sud du Sénégal.
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À l’intérieur du centre, les visiteurs découvrent des équipements flambant neufs : mannequins de simulation, instruments d’apprentissage clinique, postes de démonstration et espaces de pratique destinés à reproduire des situations réelles d’urgence médicale. Tout a été pensé pour permettre aux étudiants d’apprendre avant d’affronter la réalité des hôpitaux.
Le bâtiment porte désormais le nom du Professeur feu Assane Ndiaye, figure respectée du monde universitaire et médical. Un choix hautement symbolique pour une infrastructure dédiée à la transmission du savoir et à l’excellence médicale.
Devant les invités, l’ambassadeur du Japon au Sénégal, Akamatsu Takeshi, a replacé ce projet dans une vision plus globale du partenariat entre le Japon et le Sénégal. Pour lui, la coopération ne se limite pas à la santé. Elle touche également la sécurité et le développement humain.
« Notre engagement en Casamance repose sur une même logique : sécuriser les territoires, soutenir les populations et renforcer les capacités humaines. Après le déminage et l’agriculture intelligente, investir dans la formation médicale représente une nouvelle étape essentielle », explique-t-il.
Une ère nouvelle pour la formation de futurs médecins
Le diplomate japonais insiste aussi sur la volonté de son pays d’accompagner le Sénégal dans sa dynamique de transformation à travers des actions concrètes en faveur de la jeunesse et du capital humain. Dans les couloirs du nouveau centre, les étudiants observent avec curiosité des équipements qu’ils pourront désormais utiliser tout au long de leur cursus.
Pour le recteur de l’Université Assane Seck, Pr Alassane Diedhiou, ce centre vient répondre à un besoin fondamental dans l’apprentissage de la médecine moderne : s’exercer avant de pratiquer sur de vrais patients. « La simulation médicale permet aux étudiants d’acquérir des réflexes, de répéter les gestes techniques et de corriger leurs erreurs dans un cadre sécurisé avant d’intervenir auprès des malades », souligne-t-il avec satisfaction.
Aussi, Pr Diédhiou ne cache pas sa fierté devant la qualité des équipements réceptionnés. Selon lui, certaines universités africaines ne disposent pas encore d’outils pédagogiques aussi avancés.
« L’Uasz bénéficie aujourd’hui d’un matériel de dernière génération qui place notre faculté dans une dynamique d’excellence. C’est un véritable motif de fierté pour notre université », déclare-t-il.
Adjoint au préfet du département de Ziguinchor, Modou Samb y voit une transformation profonde des méthodes d’apprentissage. «La médecine moderne repose désormais sur un principe rigoureux. Ce centre marque une avancée pédagogique majeure pour la région », se glorifie l’administrateur civil.
Dans les salles de pratique, les démonstrations se poursuivent. Les étudiants observent et manipulent. À travers cette infrastructure, l’Université Assane Seck ambitionne désormais de renforcer davantage la qualité de sa formation médicale et de devenir un pôle de référence dans la sous-région.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

