Deux enfants ont trouvé la mort le lundi 18 août, à Médina Thiamène (département de Nioro), frappés par la foudre lors d’un orage. Cette tragédie rappelle la dangerosité de ce phénomène naturel et la nécessité de renforcer la protection des populations.
Le village de Médina Thiamène, situé dans la commune de Wack Ngouna, département de Nioro (région de Kaolack) a perdu deux enfants tués par la foudre le lundi 18 août. Un drame qui relance le débat sur la prévention contre ce phénomène naturel. La foudre est l’une des manifestations les plus violentes des orages. « C’est une brusque et puissante décharge d’électricité atmosphérique qui se produit soit entre deux nuages, soit entre un nuage et la terre », explique Sémou Ndao, climatologue et chercheur au Laboratoire de physique de l’atmosphère et de l’océan Siméon Fongang (Lpao-Sf) de l’École supérieure polytechnique (Esp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
D’après l’universitaire, la foudre se traduit par « une vive lueur appelée éclair, suivie d’un grondement sonore que l’on nomme tonnerre ». Pour Cheikh Ahmed Tidiane Camara, prévisionniste à l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), cette décharge électrique atmosphérique peut atteindre des millions de volts et des températures supérieures à 30.000°C. « C’est un phénomène extrêmement dangereux », dit-il. Les spécialistes insistent sur les comportements à éviter. « En cas d’orage, il faut s’éloigner des arbres isolés, des poteaux et fils électriques, des zones d’eau comme les lacs ou les piscines, mais aussi éviter les champs ouverts et terrains de sport », recommande Dr Ndao.
Cheikh Ahmed Tidiane Camara abonde dans le même sens. « Les vastes étendues dégagées ou les hautes structures métalliques attirent la foudre. Le plus sûr, c’est de s’abriter dans une maison ou un véhicule fermé, en évitant tout contact avec l’eau et le métal.» «Les zones rurales les plus touchées, mais les moins protégées» Au Sénégal, la prévention repose sur des équipements éprouvés. « Le paratonnerre attire la foudre et la conduit vers la terre tandis que le parafoudre protège les installations électriques contre les surtensions », détaille Dr Ndao.
Selon M. Camara, il existe même « des dispositifs qui stockent l’énergie de la foudre pour une utilisation future, mais leur usage reste encore marginal ». L’État s’est doté d’un Programme de prévention et de lutte contre les accidents provoqués par la foudre (Plapf), lancé en 2013. « Ce programme a permis l’installation de 1.582 paratonnerres à travers le pays, notamment dans les écoles, les hôpitaux et les édifices publics », rappelle Dr Ndao.
De son côté, l’Anacim joue un rôle clé en diffusant des prévisions et bulletins d’alerte lors des épisodes orageux. Malgré ces avancées, la couverture reste inégale. « Les zones rurales sont les plus touchées, mais aussi les moins protégées », reconnaît Cheikh Ahmed Tidiane Camara. Il appelle à « investir davantage dans l’installation de paratonnerres, la sensibilisation communautaire et le développement de systèmes d’alerte adaptés aux réalités locales ».
Babacar Guèye DIOP


