Le département de Podor (Nord) est en alerte maximale face à la montée rapide du fleuve Sénégal, dont le niveau a atteint ce vendredi 4,43 mètres. Le seuil critique, fixé à 5 mètres, n’est plus qu’à 57 centimètres, alimentant une psychose grandissante au sein des populations riveraines.
En l’espace de 24 heures, entre jeudi et vendredi, le fleuve a gagné 3 centimètres. À la même période l’an dernier, le niveau n’était que de 4,13 mètres, soit une hausse de 30 cm cette année. Cette augmentation est attribuée aux récentes pluies locales, mais surtout aux précipitations enregistrées en amont, au Mali et en Mauritanie, ce qui accentue les risques d’inondation. Selon Souleymane Camara, chef du service météo de Podor, la tendance est clairement haussière et les conséquences pourraient être graves. À l’en croire, les zones basses sont les plus exposées, notamment les quartiers proches du fleuve. Il note que cela va également toucher les cultures agricoles et les habitations précaires dans cette zone.
Les stigmates des crues précédentes sont encore visibles dans plusieurs localités. À Mboyo, les habitants ont spontanément cotisé pour renforcer la digue protectrice du village. L’État est venu en appoint, avec un programme d’appui couvrant 9 villages. Dans plusieurs villages de l’île à Morphil, les gens s’organisent. Des digues de fortune sont érigées dans les zones sensibles. Les autorités locales multiplient les appels à la vigilance, à la mobilisation communautaire et à la préparation à d’éventuelles évacuations.
De l’avis de Souleymane Camara, du service météo de Podor, avec une pluviométrie excédentaire par rapport à 2024, les conditions sont réunies pour une répétition des crues de l’année précédente. Le département de Podor reste donc sous haute surveillance.
Mamadou THIAM (Correspondant)