Construit en 1992, le centre de santé de Ouakam était dans un état de vétusté très avancé. Mais, il a profité de l’installation de l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles par la Sones pour faire peau neuve dans le cadre de la Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse).
Au cœur de Ouakam, un nouveau bâtiment attire désormais le regard. Couloirs lumineux, murs fraîchement peints, salles spacieuses… Peint en orange, le centre de santé du quartier affiche, le vendredi 13 mars 2026, un visage moderne. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, le site racontait une tout autre histoire.
Créée en 1992, la structure sanitaire avait fini par porter les stigmates de plus de 30 années d’utilisation. Les murs fatigués, certaines installations dégradées et des locaux devenus inadaptés à l’évolution des besoins sanitaires, le centre de santé donnait l’image d’une structure à bout de souffle.
Plusieurs services avaient dû être déplacés ou abandonnés au fil des années à cause de l’état des bâtiments. Les habitants se souviennent encore de ces locaux devenus difficiles à exploiter.
« Franchement, l’ancien centre était dans un état de délabrement avancé. Les bâtiments étaient vieux et on voyait que ça ne pouvait plus durer longtemps », raconte Mamadou Ndiaye, habitant de Ouakam depuis plus de 20 ans.
Même constat pour Aïssatou Faye, commerçante installée à proximité. « Quand on venait se faire consulter, on voyait que les salles étaient petites et parfois pleines. Malgré tout, les gens continuaient d’y aller parce que c’était le centre du quartier », se souvient-elle.
En dépit de ces limites, l’établissement restait une référence pour les populations de Ouakam. Aujourd’hui, le paysage a complètement changé. Dans le cadre des mesures d’accompagnement social liées au projet de dessalement des Mamelles, porté par la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), le centre de santé a été entièrement reconstruit pour un montant de 1,5 milliard de FCfa.
Quatre bâtiments flambant neufs composent désormais le nouveau complexe sanitaire. L’infrastructure dispose d’une capacité d’accueil d’environ 30 lits et intègre plusieurs aménagements modernes, dont une rampe d’accès facilitant la circulation des personnes à mobilité réduite et le transport des patients vers l’étage.
Autour du centre, les habitants observent la transformation avec curiosité. « Quand on voit le nouveau bâtiment, on ne reconnaît même plus l’ancien centre. C’est vraiment moderne », s’émerveille Abdoulaye Sarr, un jeune du quartier venu constater l’avancement des travaux.
Des salles prêtes… mais encore vides
À l’intérieur, les couloirs sont propres et parfumés. Les salles sont vastes, bien éclairées et déjà prêtes à accueillir les patients. Mais, pour l’instant, elles restent encore vides. Les équipements médicaux ne sont pas encore installés. Pas de lits d’hospitalisation ni d’appareils dans les salles de soins. Le centre semble prêt à fonctionner, mais attend encore sa dernière étape avant l’ouverture.
Pour les futurs usagers, l’impatience commence à se faire sentir. « Maintenant que le bâtiment est prêt, on espère que l’État va vite installer le matériel pour que le centre ouvre. Ce serait vraiment utile pour tout le quartier », affirme Fatou Diop, mère de famille.
En visite sur le site, le 12 mars 2026, avec ses collègues de l’Hydraulique et de la Pêche, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, s’est montré particulièrement satisfait de l’avancement du projet.
« Cette visite me laisse une impression très positive. Ce projet s’inscrit dans notre ambition de développer un capital humain de qualité et de renforcer l’équité sociale », a-t-il déclaré. Pour lui, cette structure sanitaire représente un levier important pour améliorer l’accès aux soins dans cette partie de Dakar.
« L’accès à l’eau potable est un élément essentiel pour la santé publique, notamment en matière d’hygiène. Mais, ce qui me satisfait particulièrement, c’est la construction d’un centre de santé moderne dans cette zone de Ouakam qui était relativement enclavée », a-t-il souligné.
L’État y prévoit un plateau technique renforcé. « Le ministère de la Santé prévoit d’y installer des équipements modernes et d’y affecter du personnel qualifié afin d’offrir des soins de qualité. L’objectif est d’en faire un centre de santé de niveau 3 avec un plateau technique renforcé », a expliqué M. Sy.
Le centre devrait ainsi accueillir des spécialistes. « Nous envisageons notamment la présence de pédiatres, de gynécologues et le développement d’activités chirurgicales puisqu’un bloc opératoire est prévu », a précisé Ibrahima Sy.
Par Babacar Guèye DIOP

