Placer les personnes prioritaires au cœur des actions. C’est ce que préconise Rabiatou Sangaré, directrice exécutive du Réseau africain pour l’éducation, la santé et la citoyenneté (Raes). Cette Ong a organisé, du 6 au 8 juillet 2026, à Toubab Dialaw (environ 50 km au sud de Dakar), un atelier régional de mise en synergie des interventions pour le changement social et comportemental en matière de santé reproductive, de planification familiale et de genre.
« Nous devons rendre le secteur du développement de plus en plus inclusif, accessible aux différents acteurs et aux différentes communautés, afin que chacun puisse s’exprimer et que nos actions soient réellement alignées sur les aspirations des populations », soutient Rabiatou Sangaré, directrice exécutive de l’Ong Raes. Elle s’exprimait, hier, mercredi 8 juillet 2026, lors de la clôture de l’atelier régional de mise en synergie des interventions pour le changement social et comportemental en matière de santé reproductive, de planification familiale et de genre (6-8 juillet 2026). À l’occasion, elle a réitéré la nécessité pour les différents acteurs engagés pour la même cause de travailler ensemble dans le but de ne laisser aucune cible de côté. Selon Mme Sangaré, chaque acteur peut élaborer son plan d’action et le mettre en œuvre. « Nous pouvons atteindre les objectifs d’exécution, mais nous n’atteindrons pas forcément les changements, le bien-être et l’épanouissement que nous recherchons au sein de nos communautés », argumente-t-elle. Surtout que certains pays africains connaissent un contexte sécuritaire difficile et que la plupart d’entre eux sont fragilisés par la baisse des financements internationaux, au moment où les ressources domestiques mobilisées ne parviennent pas encore à couvrir les besoins essentiels.
Or, sans ressources financières adéquates, les communautés qui ont le plus besoin des services essentiels, notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé, ne peuvent être impactées. Sur ce, Mme Sangaré trouve essentiel de s’aligner sur les priorités nationales en mettant l’accent sur une vision consistant à faire en sorte que les ressources soient disponibles au niveau local. « Nous en avons fait la démonstration avec la stratégie des jeunes. À l’origine, des financements étaient destinés à des acteurs extérieurs aux pays concernés. Mais, nous nous sommes battus pour que ces fonds soient mis à la disposition de nos jeunes leaders, afin qu’ils puissent eux-mêmes mettre en œuvre les activités. Nous avons constaté que cela change complètement la donne. Ce que nous avions eu du mal à réaliser en deux ans ou deux ans et demi a pu être accompli en cinq ou six mois », s’est réjouie la directrice exécutive du Raes. Cet argument la fonde à dire qu’au regard du contexte actuel, il est nécessaire d’adapter et d’ancrer les stratégies et les actions dans les priorités nationales, régionales et internationales. « Il est tout aussi essentiel de s’adapter aux réalités de nos communautés », a-t-elle ajouté, soulignant que « la localisation n’est pas un privilège ». Au contraire, insiste Rabiatou Sangaré, « c’est l’investissement le plus rentable et le plus intelligent que nous puissions faire ».
Maïmouna GUÈYE
ÉDUCATION À LA SANTÉ REPRODUCTIVE
Le milieu scolaire pour renforcer la promotion de l’application « Hello Ado »
Dans le cadre de la vulgarisation de l’application mobile « Hello Ado », dont l’objectif est d’informer, d’orienter et d’accompagner les jeunes pour une meilleure prise en charge de leur santé reproductive, le Réseau africain pour l’éducation, la santé et la citoyenneté (Raes) compte associer les enseignants. La mise en œuvre de cette approche permettra d’enrichir les contenus de cet outil grâce aux remontées venant des établissements.
Lancée par le Réseau africain pour l’éducation, la santé et la citoyenneté (Raes) en 2020, avec le soutien de l’Unesco, l’application mobile « Hello Ado » vise à faciliter aux adolescents et aux jeunes l’accès à l’information et aux services de santé reproductive, ainsi qu’à les orienter et les accompagner. Dans ce cadre, leurs pairs ont un rôle essentiel à jouer dans leur enrôlement et pour apporter des réponses aux questions que cette cible se pose sur le forum de discussions associé à l’outil. Même si cette approche basée sur la confiance est importante, d’autres acteurs peuvent être amenés à intervenir pour toucher des adolescents et des jeunes dans d’autres espaces. C’est le cas en milieu scolaire où le Raes souhaite mobiliser des enseignants et des responsables de l’Éducation nationale pour mieux faire connaître l’application « Hello Ado ».
« L’idée est d’organiser des sessions d’échanges sur l’importance et la pertinence de l’outil, puis de réfléchir à la manière de le présenter aux élèves pendant les heures de classe », explique Sira Niang, chargée du projet « Hello Ado » du Raes. Interrogée lors de l’atelier régional de mise en synergie des interventions pour le changement social et comportemental en matière de santé reproductive, de planification familiale et de genre (6-8 juillet 2026), organisé par le Raes, elle a déclaré : « Les enseignants pourront recommander l’application aux jeunes et nous faire remonter les nouvelles préoccupations auxquelles ils sont confrontés ».
Selon Mme Niang, cette approche « permettra d’enrichir les contenus de l’application et d’assurer un échange dans les deux sens : nous aider à promouvoir l’application auprès des jeunes et, en retour, recueillir les besoins émergents en vue de proposer des réponses adaptées ». D’après elle, les discussions en cours avancent bien, « notamment en Afrique centrale où l’Unesco entretient des liens étroits avec les ministères de l’Éducation ». À son avis, le milieu scolaire représente un vaste espace d’action. « Nous cherchons alors à créer des synergies avec nos autres programmes, « C’est la vie ! en particulier », informe Sira la chargée de projet. Dans ce sillage, le Raes souhaite « intégrer l’application dans les programmes scolaires ». « Au Sénégal, nous travaillons également avec le Geep (Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population, Ndlr) afin d’intégrer « Hello Ado » dans ses différentes initiatives et de pouvoir, à terme, déployer cette approche plus largement », ajoute-t-elle. D’ailleurs, cette application a le soutien de plusieurs décideurs publics dans le continent africain. C’est le cas en Côte d’Ivoire et au Gabon où les Premières dames ont participé au lancement de l’application, renseigne Sira Niang. Selon elle, cet engagement « montre que les institutions adhèrent au concept, aux contenus et à leur fiabilité ». Il est aussi important, souligne-t-elle, que « les programmes de santé prévoient des temps d’échange et que les médias participent au plaidoyer ».
Maïmouna GUÈYE

