La lutte contre l’hépatite B reste un défi majeur de santé publique au Sénégal, où la prévalence de la maladie est estimée entre 5,7 % et 10 %, selon le directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Ndiaye.
Il a souligné que cette maladie, souvent asymptomatique pendant plusieurs années, est fréquemment diagnostiquée à un stade avancé, exposant les patients à des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie.
Le responsable a toutefois rappelé que le Sénégal dispose d’outils efficaces de prévention, notamment la vaccination, le dépistage précoce et une prise en charge adaptée. Il a cependant relevé plusieurs contraintes, parmi lesquelles l’accès limité au dépistage, le coût des examens de suivi, la disponibilité des médicaments et des vaccins, ainsi que la nécessité de renforcer la décentralisation des soins et les capacités des professionnels de santé.
Abdoulaye Ndiaye a insisté sur l’importance de vacciner les nouveau-nés dans les vingt-quatre premières heures de vie et de systématiser le dépistage des femmes enceintes. « Le dépistage précoce sauve des vies. La vaccination protège », a-t-il rappelé.
Au nom des associations de patients, la présidente de Safara Hépatites Sénégal, Fatou Nguirane Faye, a appelé à un renforcement de la politique nationale de lutte contre les hépatites. Elle a plaidé pour la mise en place de plateaux techniques complets dans toutes les régions, soulignant que seules sept des quatorze régions disposent actuellement d’associations de patients. Elle a également dénoncé le coût élevé des examens biologiques et des consultations spécialisées, qui constitue un frein à un accès équitable au dépistage, à la vaccination et aux traitements.
S.G


