L’Université Gaston Berger (Ugb) et l’Institut national du pétrole et du gaz (Inpg) ont signé, jeudi 5 novembre 2026, à Saint-Louis, une convention de partenariat axée sur la formation, la recherche et l’innovation. À travers cette collaboration, les deux institutions ambitionnent de mieux préparer les jeunes Sénégalais aux métiers du secteur énergétique et de renforcer les compétences nationales.
Avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, le Sénégal doit relever un défi majeur : former suffisamment de cadres et de techniciens qualifiés pour accompagner le développement de son industrie énergétique. C’est dans cette perspective que l’Ugb et l’Inpg ont décidé de mutualiser leurs compétences. Pour le recteur de l’Ugb, le Pr Magatte Ndiaye, cette convention constitue une opportunité de rapprocher davantage l’université des réalités économiques et professionnelles. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de développer la recherche appliquée et de favoriser l’insertion des diplômés. « Le développement de la recherche appliquée répond à notre volonté de réhabiliter les réalités du terrain et de favoriser l’insertion des jeunes dans l’économie nationale », a-t-il souligné, assurant que l’université apportera tout le soutien nécessaire à la concrétisation de ce partenariat.
Le directeur général de l’Inpg, le Dr Fall Mbaye entend, pour sa part, donner un contenu concret à cet engagement. « Les signatures de convention doivent être accompagnées d’une feuille de route. Je ne voudrais pas signer des conventions qui restent dans les tiroirs », a-t-il prévenu.
Selon lui, le passage du Sénégal de la phase d’exploration à celle de l’exploitation exige de nouvelles compétences, notamment dans les métiers de la maintenance, de l’électricité et des technologies énergétiques. Le directeur de l’INPG a également plaidé pour le développement d’une expertise scientifique nationale. « Nous ne pouvons plus compter sur les pays développés pour faire la recherche à notre place. C’est à nous d’anticiper et de préparer nos propres solutions », a-t-il insisté, évoquant les enjeux de souveraineté énergétique et d’adaptation aux mutations technologiques.
A l’Institut polytechnique de Saint-Louis, cette coopération suscite également de fortes attentes. Son directeur, le Pr André Faye, estime que les étudiants et élèves ingénieurs de l’Ugb doivent pleinement prendre part à la dynamique énergétique nationale. « Nos ingénieurs ne doivent pas être en reste. Cette convention va permettre d’intégrer davantage la problématique de l’énergie dans nos formations », a-t-il déclaré.
Formations conjointes, projets de recherche, échanges d’expertise et partage de ressources pédagogiques sont prévus. Pour Saint-Louis, territoire concerné par d’importants projets énergétiques, l’enjeu est aussi de permettre aux compétences locales de profiter des opportunités qui se dessinent. Au-delà de la convention, les deux institutions sont désormais attendues sur la traduction de leurs engagements en formations concrètes et en perspectives d’emploi pour les jeunes.
Jeanne SAGNA (Correspondante)


