Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye a déclaré, jeudi passé, à New York, dans le cadre du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies que le Sénégal allait présenter sa candidature à un à siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2032-2033.
Un membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) dispose d’une influence réelle, mais différente de celle des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) qui bénéficient du droit de veto. Le Sénégal a déjà siégé à trois reprises au sein du Conseil de sécurité des Nations unies comme membre non permanent: 1968-1969, 1988-1989 et en 2016-2017, souligne le site de l’ONU.
Une place au cœur des décisions internationales
Le Conseil de sécurité compte 15 membres dont 5 permanents et 10 non permanents. Les membres non permanents sont élus par l’Assemblée générale pour deux ans. A la suite de leur élection, ils disposent chacun d’une voix.
Pour l’adoption des décisions sur les questions de fond, le Conseil de sécurité doit réunir au moins neuf voix favorables sur les quinze membres, sans qu’aucun des cinq membres permanents n’y oppose son veto. L’abstention d’un membre permanent ne constitue pas un veto. Une résolution peut donc être adoptée avec une abstention d’un permanent, dès lors qu’elle obtient au moins neuf voix favorables, lit-on sur le site de l’ONU.
Un membre non permanent peut par ailleurs faire recours à sa position, pour porter une question qui intéresse particulièrement sa région ou son continent. Par exemple, un pays africain peut chercher à faire davantage entendre au Conseil : le financement des opérations de paix, la lutte contre le terrorisme au Sahel entre autres.
Un levier diplomatique impactant
La présidence du Conseil de sécurité tourne chaque mois entre ses 15 membres, selon l’ordre alphabétique anglais des noms des pays. Lorsqu’un pays non permanent devient président, il acquiert pendant ce mois une visibilité et une influence supplémentaires. Il ne peut évidemment pas imposer seul une décision, mais bénéficie d’une capacité d’impulsion et de facilitation supérieure à celle d’un membre ordinaire.
Un état membre non permanent peut aussi présider des comités de sanctions. Le Conseil dispose de nombreux comités et organes subsidiaires, notamment les comités chargés de différents régimes de sanctions. Des membres non permanents peuvent obtenir la présidence de certains de ces organes, précise la même source.
La limite du veto
Un membre non permanent ne peut pas bloquer seul une résolution substantielle. Les cinq permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) sont les seuls à disposer du droit de veto. En résumé, le siège non permanent ne donne pas de de veto, mais offre une place dans le centre des décisions internationales.
La véritable force du mandat réside donc dans la capacité à influencer les textes, porter des dossiers, présider le Conseil, diriger certains travaux, négocier avec les P5 et faire entendre les priorités de sa région.
Au vu de tout ce qu’il comporte, ce siège constitue une plateforme diplomatique de premier plan, offrant au pays élu une capacité accrue à défendre ses positions et à développer des convergences avec les autres membres du Conseil.
Pour le Sénégal, un mandat de deux ans représente une opportunité de renforcer sa visibilité et son influence diplomatiques, notamment en portant les priorités du continent, sur les dossiers inscrits à l’agenda du Conseil.
O.BA


