Pour Pape Sadio Thiam, Conseiller spécial à la Présidence, le discours du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU constitue, un signal sur la place que le Sénégal entend occuper dans le nouvel ordre international.
Le premier point saillant identifié par le Conseiller spécial à la Présidence est la crise de confiance qui traverse le système multilatéral : défiance entre États, perte de confiance dans les institutions internationales et interrogation sur l’efficacité du droit international. Mais, souligne Pape Sadio Thiam, « le Président ne propose pas l’abandon du multilatéralisme. Il défend au contraire sa réforme, à travers une ONU plus représentative, plus efficace et davantage adaptée aux réalités contemporaines ».
La question africaine occupe une place centrale dans cette vision. Pape Sadio Thiam relève notamment la référence au Sahel, au terrorisme et à la réforme du Conseil de sécurité. Pour lui, le Sénégal inscrit ainsi sa position dans une revendication continentale : l’Afrique doit être mieux représentée dans les instances où se prennent les grandes décisions internationales, conformément notamment au consensus d’Ezulwini.
Le Conseiller à la présidence souligne également la volonté du Sénégal de diversifier son agenda diplomatique. « Le développement, le numérique, l’intelligence artificielle, l’espace, le climat et l’eau deviennent autant de domaines à travers lesquels le pays cherche à affirmer son rôle ». Le satellite, la Maison des Nations Unies à Diamniadio ou encore les JOJ participent, selon Pape Sadio Thiam, à cette construction d’un Sénégal acteur plutôt que spectateur de la mondialisation.
Autre élément majeur de son analyse figure sur la candidature de Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’ONU. Pape Sadio Thiam y voit « l’expression d’une conception de la diplomatie qui privilégie la continuité des intérêts stratégiques du Sénégal au-delà des alternances politiques ». Le soutien du Président Faye à son prédécesseur illustre ainsi, selon lui, une volonté de préserver le capital diplomatique du pays.
Enfin, M.Thiam accorde une portée particulière à la conclusion consacrée aux Jeux olympiques de la jeunesse. Après les conflits, le terrorisme, les inégalités et les crises du multilatéralisme, le discours se termine sur la jeunesse, le sport et le rapprochement entre les peuples. Pour Pape Sadio Thiam, cette conclusion donne au propos présidentiel une dimension universelle et porteuse d’espoir.
O.BA


