À l’ouverture du sommet Africa Forward à Nairobi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mardi à la mise en place d’un « partenariat d’égal à égal » entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, estimant que le continent devait désormais être traité comme un acteur central de la gouvernance mondiale.
Devant les chefs d’État, dont le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron, António Guterres a salué le « leadership africain » dans les débats sur la réforme de l’architecture financière internationale, qu’il a jugée « conçue pour un monde qui n’existe plus ».
Le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité de corriger des déséquilibres structurels persistants, citant notamment l’absence de siège permanent de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies et son faible poids dans les institutions financières internationales.
Il a également dénoncé les inégalités économiques mondiales, soulignant que le continent, pourtant riche en ressources et en potentiel énergétique, ne reçoit qu’une part marginale des investissements dans les énergies propres, malgré ses besoins croissants en électricité.
Abordant la question climatique, António Guterres a rappelé que l’Afrique, peu responsable des émissions mondiales, subit pourtant de plein fouet les effets du réchauffement, appelant à un financement climatique « juste et adapté ».
Le secrétaire général a par ailleurs critiqué la baisse de l’aide publique au développement dans plusieurs pays donateurs, estimant qu’elle intervient « au moment où les besoins sont les plus élevés ».
Le diplomate portugais a enfin plaidé pour un nouveau modèle de coopération fondé sur la complémentarité, l’investissement dans les capacités africaines — notamment dans l’éducation, la recherche et l’intelligence artificielle — et le respect des priorités du continent.
« L’Afrique n’attend pas des solutions, elle les produit », a-t-il déclaré, appelant à un partenariat fondé sur la confiance et l’égalité réelle.
Salla GUEYE


