Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a prononcé ce mardi 23 juin 2026 une allocution spéciale dans le cadre de la Semaine d’action pour le climat de Londres (London Climate Action Week), mettant en garde contre ce qu’il a appelé « un conte de deux crises » : une crise climatique qui rapproche la planète de points de bascule irréversibles, et une crise énergétique qui révèle la vulnérabilité d’un modèle dépendant des hydrocarbures.
Ces deux crises, a-t-il déclaré, ont la même origine : les combustibles fossiles. Elles appellent aussi la même réponse : une transition rapide et juste vers les énergies propres, accompagnée d’un renforcement massif de l’adaptation, de la résilience et de la justice climatique pour les populations et les pays qui subissent déjà les effets des changements climatiques.
Le Secrétaire général a souligné que, contrairement à toutes les crises énergétiques précédentes, le monde dispose aujourd’hui d’une voie de sortie claire et propre.
Les énergies renouvelables sont devenues la source de nouvelle électricité la moins chère, la plus rapide à déployer et la plus facilement extensible dans la majeure partie du monde. Il a rappelé que, depuis 2010, le coût de l’énergie solaire a chuté de près de 90 %, celui de l’éolien terrestre de plus de 70 %, et celui du stockage par batterie de 95 %.
Il a insisté sur le fait que l’indépendance énergétique ne peut pas reposer sur la dépendance aux combustibles fossiles, et que les énergies renouvelables constituent la pierre angulaire d’une véritable sécurité énergétique.
L’électrification des transports, des bâtiments et de l’industrie, a-t-il indiqué, figure parmi les moyens les plus rapides de réduire les émissions et la dépendance aux combustibles fossiles importés.
Pour mener à bien cette transition, le Secrétaire général a présenté sept étapes. Celles-ci comprennent la nécessité de limiter strictement tout dépassement du seuil de 1,5 degré Celsius ; d’accélérer le passage des combustibles fossiles aux énergies propres ; de réduire les émissions de méthane ; de répondre à l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle ; d’assurer une transition juste ; de renforcer l’adaptation ; de mobiliser des financements à l’échelle nécessaire ; de lever les obstacles structurels aux énergies propres, notamment les réseaux électriques obsolètes ; et de protéger la science et l’intégrité de l’information.
Deux annonces majeures
Le Secrétaire général a lancé un Appel mondial à l’action sur le méthane, un gaz responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique et près de 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Cette initiative cible trois secteurs : les déchets, l’agriculture et, surtout, le charbon, le pétrole et le gaz, où des réductions rapides peuvent produire des effets climatiques à court terme.
Il a également proposé une Initiative pour la transparence environnementale de l’intelligence artificielle, appelant toutes les grandes entreprises du secteur de l’intelligence artificielle à mesurer et à rendre publique l’empreinte environnementale complète de leurs systèmes, notamment leurs impacts en matière de carbone, d’eau et d’utilisation des terres, et à s’engager à alimenter tous leurs centres de données en énergies renouvelables d’ici à 2030.
Un message clé pour l’Afrique
Le Secrétaire général a mis en avant un défi et une opportunité majeurs pour l’Afrique. Le continent abrite 60 % des meilleures ressources solaires mondiales, 30 % des minerais critiques et un cinquième de l’humanité, mais ne reçoit que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres, alors que plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Il a qualifié cette situation d’injuste et d’occasion manquée pour l’Afrique et pour le monde.
Il a également appelé à un financement climatique à la hauteur, à la vitesse et selon l’équité requises, notamment par la concrétisation des 300 milliards de dollars promis aux pays en développement et par des mesures concrètes visant à mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035.
Enfin, le Secrétaire général a souligné la nécessité de protéger la science et la vérité face à la désinformation, rappelant le lancement par les Nations Unies de l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur les changements climatiques. Il a insisté sur la nécessité de protéger l’indépendance scientifique, de garantir la sécurité des défenseurs des droits humains et des journalistes qui couvrent le climat et l’environnement, et d’assurer l’accès de toutes et tous à une information fiable, crédible et fondée sur la science.
« Les faits comptent. La science compte. L’intégrité de l’information compte », a-t-il déclaré.
Le Secrétaire général convoquera des dirigeants en septembre afin de faire avancer ces travaux en amont de la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP31, qui se tiendra en Türkiye.


