Le Sénégal et l’Égypte entendent renforcer une relation bilatérale présentée comme « enracinée dans l’histoire et porteuse de fruits dans le présent ». Cette ambition a été au cœur d’un panel consacré aux « Relations égypto-sénégalaises : fondements historiques et perspectives stratégiques », organisé, le mercredi 15 juillet, au Musée des Civilisations noires de Dakar par le Groupe d’amitié égypto-sénégalais.
Organisée par le Groupe d’amitié égypto-sénégalais, la rencontre a réuni diplomates, universitaires, anciens étudiants et acteurs de la coopération bilatérale autour d’un objectif : revisiter l’héritage commun entre les deux pays et explorer de nouvelles perspectives de partenariat.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du président du Groupe d’amitié égypto-sénégalais, Moussa Ka, Mohamed Sow a insisté sur la profondeur des liens entre Dakar et Le Caire. « Cette rencontre incarne une relation qui a ses racines dans l’histoire et ses fruits dans le présent… un lien entre les parties du continent que la géographie et l’histoire ont réunies », a-t-il déclaré.
Il a appelé les deux pays à consolider cette coopération, qu’il considère comme « un modèle de partenariat culturel, historique et de coopération Sud-Sud », particulièrement pertinent dans le contexte actuel.
L’ambassadeur d’Égypte au Sénégal, S.E.M. Khalid Arif, a, pour sa part, rappelé que les relations entre les deux nations ne sont pas « de simples rapports diplomatiques nés à l’orée des indépendances », mais « s’inscrivent dans la continuité d’un parcours civilisationnel et humain millénaire ». Il a souligné que les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et la vallée du Nil existaient bien avant l’époque moderne, notamment à travers les routes commerciales transsahariennes.
Sur le plan spirituel, le diplomate a mis en avant le rôle de l’université Al-Azhar, présentée comme « un centre de formation de référence », ayant accueilli plusieurs générations d’étudiants sénégalais et contribué à la promotion des valeurs de modération et de paix.
Revenant sur les figures historiques des deux pays, Khalid Arif a rendu hommage au président Gamal Abdel Nasser et au président-poète Léopold Sédar Senghor pour leur engagement en faveur de l’unité africaine. Selon lui, « leur collaboration a jeté les bases d’une solidarité africaine forte », qui a accompagné les mouvements de libération nationale.
Reprise prochaine des vols directs d’Air Cairo
Cette dynamique, a-t-il poursuivi, se prolonge aujourd’hui à travers les relations entre les présidents Abdel Fattah Al-Sissi et Bassirou Diomaye Faye, portées par une vision commune d’une Afrique unie et prospère ».
Pour transformer cet héritage en actions concrètes, l’ambassadeur a annoncé plusieurs initiatives, notamment la reprise prochaine des vols directs d’Air Cairo entre Le Caire et Dakar, qu’il considère comme « un levier essentiel pour stimuler le commerce, l’investissement et le tourisme ».
Il a également évoqué le renforcement de la coopération universitaire avec l’ouverture du nouveau siège de l’Université Senghor à Borg El Arab et proposé l’adoption d’une « Déclaration de Dakar » comme cadre de référence pour approfondir les relations bilatérales dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, le numérique, l’énergie et la sécurité alimentaire.
Représentant les autorités sénégalaises, le Pr Gorgui Dieng, conseiller technique au ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, a rappelé que l’Égypte figurait parmi « les premiers États à reconnaître l’indépendance du Sénégal en 1960 ». Il a également salué la contribution de ce pays à la formation de nombreux cadres sénégalais, notamment à travers l’université Al-Azhar.
Le Pr Dieng a plaidé pour une intensification des échanges commerciaux et un élargissement des programmes de bourses aux filières scientifiques et techniques afin de mieux répondre aux défis du développement et de l’innovation.
La rencontre a été marquée par l’annonce de l’attribution de huit nouvelles bourses d’études à des étudiants sénégalais. Quarante autres bourses devraient être accordées au cours de l’année prochaine. Le Groupe d’amitié égypto-sénégalais a enfin annoncé la réalisation prochaine d’un ouvrage collectif destiné à documenter les relations historiques entre les deux nations et lancé un appel à contributions aux chercheurs et universitaires.
Cheikh Ahmed Tidiane NDOME et Rachill Ouo-ouo KOUEMOU (stagiaires)


