Réunis à Gorée, de jeunes leaders sahéliens, aux côtés d’acteurs institutionnels, ont appelé à une approche collective des défis régionaux. La nécessité d’une stratégie panafricaine, l’implication accrue des jeunes et des femmes et la consolidation d’une gouvernance inclusive face aux menaces transfrontalières étaient, le mercredi 25 mars 2026, au cœur des discussions.
Gorée Institute a organisé, le mercredi 25 mars 2026, sur l’île de Gorée, un symposium annuel sur le thème « Jeunesse et gouvernance inclusive : catalyser la résilience démocratique au Sahel ». La rencontre a réuni des jeunes leaders venant de différents pays du Sahel, mais aussi des institutions nationale et internationale. Elle vise à encourager une approche collective des problèmes sahéliens dans un monde de plus en plus fragmenté afin d’exploiter pleinement le potentiel des jeunes au profit du continent africain. Elle a été animée par Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal et directeur de l’Institut panafricain de stratégies, Paix-Sécurité-Gouvernance. Pour celui qui se présente comme un « afro-inconditionnel », une stratégie panafricaine est nécessaire pour que le Sahel puisse maîtriser son propre destin.
Cette « diplomatie commune » vise, selon lui, à « exiger une mutualisation » et à sécuriser la région contre des menaces telles que la désinformation et la migration, qui sont intrinsèquement transfrontalières. Le panéliste Doudou Dia souligne que 60% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans. « En 2050, une personne sur trois dans le monde sera africain », a informé M. Dia. C’est pourquoi les différents intervenants ont estimé que la jeunesse est la plus grande richesse du continent.
Le symposium annuel de l’Institut de Gorée a été l’occasion pour lancer un appel à solidarité africaine afin de mobiliser cette force démographique et stratégique.
En outre, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, pense que la clé pour maximiser la richesse de la jeunesse du continent réside dans l’émancipation des femmes. « Être panafricaniste, c’est être féministe. Sans l’avancement de l’éducation, de l’inclusion et de la mobilisation économique des femmes, le continent se mettrait des bâtons dans les roues », a ajouté le panafricaniste. À son avis, les jeunes et les femmes doivent être impliqués dans le développement du Sahel. « En Afrique, il y a trop de Mozart assassinés et trop de potentiel avait été gaspillé par les colons et les dictateurs », a-t-il déploré. Pour M. Gadio, « la bataille pour l’Afrique est une bataille pour le bon leadership ».
Le symposium de Gorée Institute qui prend fin aujourd’hui va servir de plateforme de coopération et d’unité aux jeunes leaders démocratiques du Sahel.
Felix KIND (Stagiaire)

