Il a cherché, durant son mandat, à faire du Sénégal le point d’ancrage de la diplomatie québécoise dans la sous-région. Il est du genre à mettre en pratique l’écoute active. L’esprit vif, Iya Touré, délégué général du Québec, en fin de mission, est très porté sur les orientations économiques visant le développement des nations africaines.
Nommé par décret du Premier ministre du Québec le 15 décembre 2020, le délégué général du Québec au Sénégal, Iya Touré, a su marquer des esprits par son approche novatrice, sa simplicité et son ouverture d’esprit. Il avait auparavant occupé les fonctions de vice-président d’Investissement Québec. Banquier d’origine sénégalaise et guinéenne, il s’est félicité du choix porté sur un membre de la diaspora pour diriger la Délégation générale du Québec.
La structure a été installée à Dakar en 2018. Elle couvre douze pays d’Afrique. Il s’agit du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Togo, du Cameroun, du Gabon et de la Gambie.
C’est avec un visage toujours illuminé par un sourire qu’il parle du Sénégal. Il est fier de ses origines sénégalaises et le clame partout. Son séjour à Dakar l’a renforcé dans ses certitudes. Le Sénégal reste une référence dans la sous-région. Il doit consolider cette belle image à ses yeux.
Iya Touré se vante aussi d’être le fils de la Guinée par ses parents et du Canada qui l’a vu grandir et évoluer. Cette diversité a constitué un atout. Elle lui a permis de miser sur la pluralité des perspectives pour renforcer les liens entre différents peuples.
Son visage est tout aussi radieux lorsqu’il évoque les jalons posés afin de renforcer les relations entre le Sénégal et le Québec, l’une des provinces francophones du Canada. Il exerce sa mission au pays de la Téranga avec passion.
Parmi ses réalisations figurent des échanges de haut niveau avec la présidence sénégalaise, l’inauguration de la Maison du Québec ainsi que le renforcement des équipes locales pour une meilleure expertise de terrain.
« Le Sénégal est avant tout mon pays. Lorsqu’on y vit si longtemps, le pays devient une seconde patrie et ses habitants, une famille. Je pars toutefois avec la conviction profonde d’avoir accompli ma mission. Mais c’est sûr que je reviendrai régulièrement dans ce beau pays », nous confie-t-il lors d’un entretien accordé dans les locaux de la Délégation générale du Québec.
Son expérience n’a pas été uniquement administrative. Elle porte les relents d’une belle aventure humaine, mais aussi stratégique. L’homme a ouvert ses portes, dès ses débuts, au quotidien national Le Soleil. Il a cerné l’importance d’un média investi d’une mission de service public pour accroître la visibilité d’une institution.
Il revient, dans nos entretiens, sur son plan d’action articulé autour de quatre objectifs majeurs : la visibilité, le positionnement stratégique, une présence active sur le terrain et le renforcement de son équipe.
Bras financier du Québec
« Mon ambition était de faire du Sénégal le hub de la diplomatie québécoise en Afrique de l’Ouest. Nous avons renforcé l’équipe en embauchant des talents locaux et déménagé dans la Maison du Québec. Ce nouvel espace n’est pas qu’un bureau, c’est un lieu de rencontre pour toutes les organisations québécoises et francophones de passage à Dakar », se réjouit-il.
Mais ce qui lui procure un ravissement particulier, c’est le lancement prochain de la liaison aérienne directe entre Montréal et Dakar.
« S’il y a une réalisation dont je suis particulièrement fier, c’est l’avancée du dossier de la liaison aérienne. Depuis cinq ans, j’ai porté ce projet auprès des plus hautes autorités et des compagnies aériennes. »
À partir de juin 2026, la compagnie Air Transat devrait, sauf changement, lancer un vol direct Montréal – Dakar, à raison de deux fréquences par semaine. Le diplomate évoque un « véritable tournant » qui va faciliter le tourisme, mais aussi booster les échanges commerciaux en réduisant drastiquement les temps de trajet.
« Réduire le trajet à une seule nuit de vol va transformer les relations d’affaires et le tourisme. Le Sénégal possède un atout géographique naturel unique : il est à moins de trois heures de vol de toute l’Afrique de l’Ouest. En capitalisant sur cet aéroport de classe internationale, nous renforçons le rôle de porte d’entrée du pays », ajoute-t-il.
Un autre point suscite également son intérêt : le choix du Québec comme destination privilégiée des Sénégalais. « Bien que le Québec traverse actuellement une crise du logement qui nous oblige à ajuster l’accueil des étudiants étrangers, nous travaillons sans relâche pour que ces jeunes puissent être accueillis et intégrés dans les meilleures conditions. »
Son leadership et son ouverture d’esprit sont salués par ses collègues. En toute humilité, Iya Touré souligne : « Le succès est collectif. Je remercie les autorités sénégalaises pour leur collaboration, mais également le gouvernement québécois d’avoir fait confiance à un « fils du pays » pour porter cette vision. Je quitte mes fonctions avec la certitude d’avoir posé des jalons durables. La diplomatie, pour moi, ne s’inscrit pas dans l’éphémère, mais dans le long terme », souligne-t-il.
Matel BOCOUM

