Le projet de loi n°40/2026 portant loi de finances rectificative (LFR) revient devant l’Assemblée nationale, mardi 3 novembre 2026, à 10 heures, pour son examen en séance plénière.
Une étape décisive, après deux rejets successifs en Commission des finances et du Contrôle budgétaire, qui font planer l’incertitude sur l’issue du vote.
Le bras de fer entre l’exécutif et la majorité parlementaire de PASTEF-Les Patriotes a véritablement éclaté lors de l’examen du texte, entamé le 20 octobre. À l’issue de plusieurs heures de discussions, le groupe parlementaire avait fait état de désaccords persistants avec le gouvernement, malgré quelques compromis. Les divergences portaient notamment sur les arbitrages budgétaires, les modalités de financement et les garanties attendues par les députés. Dans un communiqué publié le 20 octobre, le groupe avait reconnu l’absence de consensus global et solide.
La première sanction est tombée le 23 octobre. La Commission des finances a rejeté le projet de LFR dans son intégralité, ainsi que les deux amendements proposés par le gouvernement. Une déconvenue qui a conduit le Premier ministre à défendre les choix budgétaires de l’exécutif, le 25 octobre, et à appeler les parlementaires à formuler des propositions concrètes.
Le gouvernement a ensuite sollicité, en séance plénière le 27 octobre, un renvoi du texte en commission, sur le fondement de l’article 84 du règlement intérieur, afin de poursuivre les discussions. L’Assemblée nationale a également demandé des informations complémentaires. Mais cette nouvelle tentative de rapprochement n’a pas permis de débloquer la situation.
Réunie le 30 octobre, après avoir reçu un mémorandum de la commission et des éclaircissements sur les subventions énergétiques, les bourses de sécurité familiale et les dépenses prioritaires, l’équipe du ministre Cheikh Diba a essuyé un deuxième rejet. Les explications fournies par le ministère n’ont donc pas suffi à convaincre les députés.
L’exécutif insiste sur la continuité de l’action publique
Malgré ces difficultés, l’exécutif entend maintenir le cap. Lors du Conseil des ministres du 28 octobre 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a insisté sur la nécessité d’assurer la continuité des pouvoirs publics. Il a, dans ce sens, demandé au Premier ministre de prendre les dispositions juridiques nécessaires à la mise en œuvre des politiques publiques inscrites dans les projets de loi de finances rectificative pour 2026 et de loi de finances pour 2027.
Cette instruction présidentielle traduit la volonté de l’exécutif de préserver la continuité de l’action gouvernementale dans un contexte marqué par les désaccords autour du budget rectificatif. Elle intervient alors que le texte doit encore franchir l’étape décisive de la séance plénière.
Le rejet en commission ne préjuge pas automatiquement de l’issue du vote en séance publique. Mais, au regard des positions exprimées jusqu’ici, un nouveau désaveu parlementaire reste possible. Le gouvernement parviendra-t-il à obtenir l’adoption de son texte ou devra-t-il essuyer un troisième revers ? Réponse mardi à l’Assemblée nationale.
C.G. DIOP


