Pour réduire les délais de prise en charge des femmes enceintes confrontées à des complications, le Sénégal accélère l’ouverture des blocs opératoires dans les centres de santé. Quinze d’entre eux ont déjà été rendus fonctionnels ces deux dernières années. Les autorités sanitaires ambitionnent d’en rendre fonctionnels 32 à travers le pays d’ici à 2027.
La disponibilité des soins obstétricaux d’urgence constitue un axe majeur dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Lors de la deuxième session du Comité de pilotage et de coordination des interventions en Santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, de l’adolescent et la nutrition (Srmnia-N), tenue vendredi 7 août, à Dakar, le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant, le Dr Amadou Doucouré, a rappelé la nécessité de rapprocher les soins chirurgicaux des populations. « Durant ces dernières années, nous avons pu ouvrir 15 blocs opératoires dans des centres de santé. Soit ce sont des blocs qui étaient ouverts avant d’être fermés, soit ils étaient construits, mais n’avaient jamais été fonctionnels », a-t-il expliqué.
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique prévoit l’ouverture de nouveaux blocs dans plusieurs zones, notamment à Darou Mousty, Médina Gounass, Ranérou, Kanel et Podor. L’objectif est de rendre opérationnels 12 nouveaux blocs d’ici décembre 2026 et 3 autres d’ici fin 2027, pour atteindre le seuil cible de 32 structures fonctionnelles. Cette stratégie vise à limiter les longues évacuations vers les hôpitaux de référence et à réduire la pression sur les structures hospitalières. « L’ouverture de ces blocs au niveau des centres de santé permettra de diminuer la pression sur les hôpitaux régionaux et nationaux », a indiqué le Dr Doucouré. Malgré ces avancées, les hémorragies du post-partum restent le principal défi. Elles représentent près de 40 % des décès maternels au Sénégal. Pour y répondre, les autorités misent sur le renforcement des banques de sang, l’extension des centres régionaux de transfusion sanguine et l’utilisation de nouveaux équipements. Les indicateurs montrent toutefois une évolution positive. Selon l’Enquête démographique et de santé continue (Edsc 2023), le ratio de mortalité maternelle a continuellement chuté, passant de 392 décès/100 000 naissances vivantes en 2012 à 153 décès/100 000 naissances vivantes.
Le processus d’ouverture des blocs opératoires dans les centres de santé existe depuis plusieurs années. Il a débuté en 1998, avec la maternité de Goudiry, avant de s’étendre progressivement. Mais, plusieurs défis demeurent, notamment la fonctionnalité permanente des infrastructures, la disponibilité des ressources humaines qualifiées et l’équipement des structures sanitaires. Le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Leroux Dramé, a appelé à une meilleure coordination des interventions en Srmnia-N. Il a souligné la nécessité de consolider les acquis et de renforcer l’engagement collectif des acteurs pour améliorer durablement les résultats sanitaires. M. Dramé a appelé à une meilleure articulation entre les structures publiques, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers afin d’optimiser les ressources et d’améliorer l’impact des programmes sur les populations.
Amadou KÉBÉ

