L’Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS) veut mettre en place une nouvelle approche pour favoriser le retour dans le parcours de soins des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), particulièrement les hommes, dans la région de Kolda.
Le directeur technique de l’ANCS, Massogui Thiandoum, a, d’après l’APS, fait part de cette préoccupation, mercredi, à l’occasion d’une mission de prise de contact et d’orientation des autorités locales sur le programme GC7, le 7e cycle de subvention du Fonds mondial consacré à la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme.
« Cette situation a engendré une crainte chez plusieurs patients, entraînant un nombre important de perdus de vue dans les centres de prise en charge du VIH », a-t-il relevé. Selon les analyses présentées lors de la mission, les hommes sont particulièrement concernés par cette rupture du suivi médical à Kolda.
Cette situation serait notamment liée à une confusion entre le statut de personne vivant avec le VIH et les dispositions légales relatives à l’homosexualité. « Cette hésitation à se faire soigner s’explique par une confusion entre le statut de personne vivant avec le VIH et les dispositions de la loi sur l’homosexualité, faisant craindre aux patients une stigmatisation ou des accusations », a expliqué M. Thiandoum.
Une prise en charge intégrée
Pour répondre à cette situation, l’ANCS a engagé des échanges avec les autorités sanitaires, administratives et sécuritaires de la région. L’objectif est de parvenir à une réponse concertée permettant de réduire les obstacles qui éloignent certains patients des structures de santé.
L’approche envisagée repose notamment sur l’intégration de la prise en charge du VIH à d’autres services de santé. Il s’agit également de diversifier les prestations proposées afin de rendre le parcours de soins plus accessible et moins exposé aux risques de stigmatisation.
Pour l’ANCS, cette stratégie doit permettre de garantir un accès équitable aux soins, de renforcer le maintien des patients dans le dispositif de prise en charge et d’assurer la continuité de leur suivi médical. L’enjeu est particulièrement important à Kolda, région frontalière avec trois pays de la sous-région, où les acteurs de la lutte contre le VIH cherchent à adapter les dispositifs de prise en charge aux réalités locales.


