Créé en 1956, avant l’indépendance du Sénégal, le pôle psychiatrique de Fann est devenu une institution majeure du système de santé. La clinique Moussa Diop, le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad) et « Keur Khaleyi » comptent parmi les structures spécialisées qui assurent la prise en charge des patients tout en formant des centaines de professionnels.
Le professeur Aida Sylla, cheffe du service de psychiatrie et de psychologie médicale, met en avant une approche fondée sur la réhabilitation et la réinsertion sociale.
« Les médicaments ne suffisent pas. Il faut également accompagner le patient vers son retour dans la société. Cette prise en charge mobilise des ressources humaines importantes, de l’écoute et de la compassion, des dimensions difficiles à quantifier dans un système de santé soumis à des contraintes de rentabilité », souligne-t-elle.
Pour la directrice générale du CHNU de Fann, Khadidiatou Sarr Kébé, le pôle psychiatrique constitue un véritable centre d’excellence reconnu bien au-delà des frontières nationales. Chaque année, il accueille des étudiants originaires du Maroc, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.
Face à la progression des troubles de santé mentale, elle estime indispensable d’investir dans des infrastructures adaptées. Elle appelle également à faire de la santé mentale une priorité des politiques publiques afin de bâtir un système de santé plus équitable.
Djiby NDIAYE


