Les maladies d’origine alimentaire représentent un défi croissant pour la santé publique au Sénégal. Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments au Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, a appelé, le mercredi 29 juillet, à renforcer la prévention, les contrôles et l’hygiène afin de réduire le fardeau qui pèse sur les populations et l’économie.
La sécurité sanitaire des aliments est devenue un enjeu majeur de développement économique et de souveraineté alimentaire. C’est le message clé porté mercredi 29 juillet par le Dr Mamadou Ndiaye, expert à la FAO, lors des rencontres « Les Mercredis de l’Association des journalistes en santé, populations et développement (Ajspd) ».
Cette déclaration s’appuie sur les dernières données alarmantes publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon les estimations de l’année 2021, publiées en juin 2026, plus de 866 millions de personnes tombent malades chaque année après avoir consommé des aliments contaminés, contre 600 millions lors des précédentes données qui datent de 2015. Le nombre de décès est passé de 420 000 à plus de 1,5 million.
« Nous sommes passés d’une personne malade sur dix à une personne sur neuf. Et ces chiffres restent sous-estimés puisqu’ils ne prennent en compte que 46 maladies d’origine alimentaire », a confié l’expert. Même si ces statistiques sont mondiales, elles interpellent le Sénégal où la restauration de rue, les produits halieutiques, les céréales et les produits d’origine animale occupent une place importante dans l’alimentation quotidienne.
En Afrique de l’Ouest, près de 80 % du fardeau sont liés aux maladies diarrhéiques provoquées par des bactéries. Selon le Dr Ndiaye, plusieurs facteurs expliquent cette situation : le manque d’eau potable, l’insuffisance du lavage des mains, la mauvaise conservation des aliments, la contamination croisée et l’absence de formation de nombreux acteurs de la restauration.
« Un aliment ne doit jamais rendre malade. S’il rend malade, il ne devrait plus être considéré comme un aliment », a-t-il affirmé. Au-delà des conséquences sanitaires, ces maladies entraînent des pertes économiques importantes.
« Elles augmentent les dépenses de santé des ménages, réduisent la productivité des travailleurs, favorisent l’absentéisme scolaire et fragilisent les filières agricoles et agroalimentaires », a souligné Mamadou Ndiaye.
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Pour inverser cette tendance, il préconise une approche intégrée fondée sur le concept « One Health », qui associe la santé humaine, animale, végétale et environnementale. Il recommande également de renforcer les inspections, de produire davantage de données scientifiques, d’améliorer la traçabilité des aliments, de développer les capacités des laboratoires et de sensibiliser aussi bien les producteurs que les consommateurs.
« Garantir la sécurité sanitaire des aliments n’est pas une dépense, mais un investissement. Celui qui fait le moins d’efforts dans la chaîne alimentaire détermine souvent la qualité finale du produit », a-t-il souligné. M. Ndiaye a aussi évoqué le recours massif aux emballages plastiques, notamment les sachets utilisés pour conditionner l’eau, les jus locaux ou certains aliments.
C’est une préoccupation croissante en matière de sécurité sanitaire des aliments. Selon le spécialiste à la FAO, ces emballages peuvent devenir une source de contamination lorsqu’ils sont exposés au soleil ou à de fortes chaleurs.
Il recommande ainsi de limiter l’exposition prolongée des sachets au soleil, d’améliorer les conditions de stockage et de privilégier des matériaux d’emballage conformes aux normes sanitaires. « La sécurité sanitaire ne concerne pas uniquement l’aliment lui-même, mais aussi tout ce qui est en contact avec lui », a ajouté le Dr Mamadou Ndiaye. Il conseille de mieux encadrer l’utilisation des matériaux destinés au conditionnement des denrées alimentaires.
Babacar Guèye DIOP

